Enquête internationale: le chômage, un fléau pour les jeunes du monde entier

Publication:   |  Mis à jour: 24/10/2013 14:41 EDT

Le Huffington Post a déployé ses ressources afin de saisir l'étendue de la crise du chômage dans le monde en réalisant un reportage collectif réalisé par les éditions internationales de sept pays. Ce texte n'est que le début d'une longue discussion sur les conséquences du chômage des jeunes, qui examine les dangers, mais aussi les possibilités d'en sortir. Les histoires qui suivent mettent l'accent sur des politiques censées améliorer les rendements, ainsi que l'esprit d'entreprise qui émerge tandis que les jeunes font face à la pression pour créer leurs propres opportunités.

Ce reportage s'intéresse particulièrement aux diplômés universitaire au chômage. Le coût de cet échec est un coup dur pour les jeunes diplômés, notamment ceux qui doivent rembourser un prêt étudiant. La société tout entière supporte aussi ce coût : des États-Unis à l'Espagne, les experts soulignent que la mise à l'écart de millions de consommateurs potentiels freine la croissance économique, nuisant à la prospérité pour tous.

Notre tour d'horizon commence en France, à Montpellier. Thomas Palot se fait du souci: il semble que son futur soit déjà compromis. Il a seulement 25 ans et vient de se lancer dans une carrière de technicien en informatique. Le hic, c'est qu'il est au chômage depuis deux ans. Thomas Palot est diplômé d'une école professionnelle avancée, une qualification qui lui aurait auparavant permis de connaître un meilleur sort. Mais aujourd'hui, avec ce diplôme, il se positionne tout juste dans le rang surpeuplé d'une soi-disant "génération perdue": il est l'un des millions de jeunes du monde entier, qui comme lui sont sortis diplômés de l'université pour finalement faire face au chômage et à toutes les épreuves qui lui sont liées – les difficultés financières, le désespoir et une vague sensation d'avoir fait fausse route.

"Il faut avoir un travail si l'on veut évoluer et s'épanouir dans la vie", a déclaré Thomas Palot au HuffPost. "Avant, je parlais de mon travail avec les personnes qui m'entouraient. Maintenant, je n'ai plus rien à raconter."

Dans beaucoup de pays, le chômage des jeunes est considéré comme une question purement interne, urgente à régler. Mais en réalité le problème est global: de l'Europe à l'Amérique du Nord en passant par le Moyen-Orient, le chômage des jeunes s'est répandu comme une véritable épidémie, qui menace la croissance économique et la stabilité sociale dans des dizaines de pays pour les décennies à venir.

75 millions de travailleurs de moins de 25 ans au chômage

Au total dans le monde, 75 millions de travailleurs de moins de 25 ans étaient au chômage l'an dernier, selon le Bureau International du Travail, soit une hausse de plus de 4 millions de chômeurs par rapport à 2007.

La crise transforme les dynamiques familiales, avec d'un côté des parents qui se retrouvent à aider leurs enfants une fois qu'ils ont atteint l'âge adulte, et d'un autre côté les jeunes chômeurs qui retardent le moment de fonder leur propre famille. Cela renforce l'austérité, étant donné que les gouvernements se battent pour financer les allocations de chômage et qu'une grande partie de jeunes consommateurs potentiels s'installent durablement dans le chômage. Par-dessus tout, cela attaque le moral des jeunes, à qui l'on a dit que l'éducation était le passeport pour une vie meilleure, et qui finalement se rendent compte que leurs diplômes ne sont pas un antidote contre le marché du travail morose.

"Le chômage des jeunes est dramatique", selon José Maria Aznar, l'ex-premier ministre d'Espagne, qui a tenu récemment une conférence à New York. Cinquante-six pour cent des actifs espagnols de moins de 25 ans sont sans emploi. "Cela met en danger les possibilités de croissance et d'une prospérité future."

Plus largement, la pénurie d'offres d'emplois pour les jeunes du monde entier est la conséquence d'une crise financière globale, qui a d'abord émergé aux États-Unis avant de se propager en Europe, générant des pressions économiques sur quasiment toutes les rives. Désormais le chômage des jeunes aggrave les tensions sociales et politiques déjà bien ancrées, tout en créant de nouveaux conflits dans une période de pénurie.

Situation plus reluisante au Québec

Un jeune qui veut travailler en ce moment n’aura pas trop de difficulté à le faire. C’est le constat fait par Emploi-Québec. «Si je suis un jeune, il n’y a pas de péril en la demeure, souligne Louis-Philippe Tessier-Parent, économiste à Emploi-Québec. Il y a même matière à réjouissance.»

Les statistiques sont effectivement plutôt encourageantes. Particulièrement touchés par la crise de 2008, les 15-29 ans ont repris du poil de la bête depuis, comme les travailleurs plus âgés. Leur taux de chômage oscillant autour des 11 % est plus élevé que la moyenne québécoise (maintenant sous les 8%), mais, historiquement, il en a toujours été ainsi. «Les jeunes ont toujours peiné davantage. C’est un passage obligé», confirme M. Tessier-Parent.

Plus de détails ici.

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Le texte se poursuit à la page suivante.

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