POLITIQUE

Sénat: le scandale des dépenses de Duffy hante Harper (VIDÉO)

23/10/2013 02:56 EDT | Actualisé 22/12/2013 05:12 EST

La période des questions s'est déroulée de manière houleuse à Ottawa, alors que le scandale entourant les dépenses des sénateurs Mike Duffy, Pamela Wallin et Patrick Brazeau ne cesse de s'envenimer.

Le premier ministre Stephen Harper a dû faire face à un feu nourri de questions venant de l'opposition, qui tente de mettre en lumière de présumées défaillances dans les déclarations faites par M. Harper depuis près de huit mois, dans cette affaire.

Le leader de l'opposition et chef du parti néo-démocrate, Thomas Mulcair, a été particulièrement incisif, questionnant sans relâche Stephen Harper, qui répondait du tac au tac.

Ce sont les déclarations incendiaires de Mike Duffy, par lesquelles il a impliqué directement le premier ministre, qui semblent avoir poussé Stephen Harper à répondre de manière plus élaborée qu'à son habitude sur le rôle qu'il a pu jouer dans cette controverse.

Mardi, devant le Sénat, Mike Duffy a déclaré avoir rencontré le premier ministre dans son bureau, en présence du directeur de cabinet de M. Harper, Nigel Wright, après un caucus conservateur en février dernier.

« Nous étions seulement nous trois », a insisté Mike Duffy, qui affirme que le premier ministre se serait fait menaçant en le sommant de rembourser des dépenses de 90 000 $, jugées inappropriées.

Or, le premier ministre, durant la période de questions mercredi, a fermement nié que cette rencontre à trois avait eu lieu. Stephen Harper affirme que c'est devant l'ensemble des membres du caucus qu'il a signifié à M. Duffy que :

  • on ne peut pas être remboursé pour des dépenses qu'on n'a pas faites ou qui sont inappropriées;
  • on ne peut pas continuer à être membre du Parti conservateur si on en respecte pas les règles.

« Voilà pourquoi M. Duffy n'est plus membre du Sénat et M. Wright ne travaille plus pour moi », a tranché Stephen Harper, qui dit approuver les trois motions présentées par Claude Carignan, leader du gouvernement au Sénat. Ces motions visent à suspendre les sénateurs Duffy, Wallin et Brazeau, ainsi qu'à les priver de salaire et d'autres avantages.

Pour le député de Rosemont-La Petite-Patrie, le néo-démocrate Alexandre Boulerice, les versions respectives de M. Duffy et de M. Harper sont incompatibles. « Y a-t-il eu tentative de camouflage de la part du bureau du premier ministre? Nigel Wright a-t-il agi seul, ou pas? [...] On n'a pas le fin mot de l'histoire », affirme Alexandre Boulerice, qui rappelle que le NPD plaide pour l'abolition du Sénat, « une institution archaïque et, maintenant, vraiment dysfonctionnelle », estime M. Boulerice.

Des témoignages sous serment?

Le NPD a soumis au président de la Chambre une question de privilège portant sur des déclarations de M. Harper, le 5 juin dernier. M. Mulcair soutient que le premier ministre a déclaré, ce jour-là, que Nigell Wright, ex-chef de cabinet de M. Harper, était le seul de son bureau à avoir participé aux tractations liées aux dépenses du sénateur Duffy. Or, selon les déclarations de M. Duffy, notamment, une douzaine de personnes étaient au courant.

Par ce point de privilège, l'opposition réclame du président de la Chambre qu'il déclare que le premier ministre a, à première vue, trompé la Chambre. Le président de la Chambre doit fournir une réponse aux députés au cours des prochains jours.

« Le premier ministre a nommé Mike Duffy et il a embauché Nigel Wright. Est-ce que le premier ministre acceptera de témoigner sous serment? » — Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada, durant la période de questions, mercredi

À cette question de Justin Trudeau, le premier ministre Harper s'est contenté de dire que, lorsqu'on nomme des sénateurs, « on s'attend à des comportements qui respectent les règles, la lettre, l'esprit [...] ».

Or, a poursuivi en substance Stephen Harper, Mike Duffy continue de dire que ses dépenses avaient été approuvées et qu'elles étaient correctes. « Nous ne sommes pas d'accord avec lui et il devrait être tenu responsable de ses actions et de son comportement », a conclu M. Harper.

Rappelons que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) enquête sur les dépenses des trois sénateurs.

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