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Moscou allège les accusations contre les activistes de Greenpeace

23/10/2013 01:09 EDT | Actualisé 22/12/2013 05:12 EST

Les 30 militants de Greenpeace arrêtés en Russie le mois dernier alors qu'ils manifestaient aux abords d'une plate-forme de forage pétrolier dans l'Arctique ne sont plus accusés de piraterie, mais plutôt de vandalisme (hooliganisme).

Les accusés, parmi lesquels se trouvent deux Canadiens, risquaient 15 ans de prison. En vertu des nouvelles accusations, ils s'exposent à sept ans de détention.

Les manifestants demeureront détenus dans le Grand Nord russe au moins jusqu'à la fin novembre. Greenpeace conteste ces nouvelles accusations, les jugeant toutes aussi disproportionnées que celles de piraterie, par rapport aux actes commis.

Une mère ravagée par l'inquiétude

La mère d'Alexandre Paul, un des militants arrêtés, n'ose pas se réjouir. « Est-ce que c'est vraiment mieux? Je suis sceptique. Ils risquent quand même jusqu'à sept ans de prison », a-t-elle réagi en entrevue à l'émission 24/60. Nicole Paul craint que ces accusations allégées jouent en défaveur de son fils.

« Je me faisais à l'idée que [les autorités russes] ne pourraient pas prouver que c'était de la piraterie d'installer une banderole sur une plate-forme. Mais en changeant pour hooliganisme, est-ce que c'est plus facile à prouver? » Elle rappelle que des membres des Pussy Riot ont été condamnées à deux ans de prison en Russie pour hooliganisme. Elles avaient chanté une « prière punk » anti-Poutine dans une cathédrale.  « Une chanson ou une banderole, est-ce que c'est pareil pour eux? »

La mère d'Alexandre Paul attend impatiemment de pouvoir parler à son fils. « C'est très difficile. Si au moins, je pouvais avoir un contact avec lui. » Depuis son arrestation, elle n'a reçu qu'un court courriel. Rien pour la rassurer, dit-elle, surtout avec ce qu'on entend sur les conditions de détention dans ce pays.

Silence radio du côté d'Ottawa

Mme Paul se désole que le gouvernement du Canada n'intervienne pas pour aider les deux ressortissants Canadiens.

Greenpeace, qui n'a toujours reçu aucun retour du gouvernement Harper, entend continuer à faire pression pour qu'il agisse dans le dossier. « On ne peut pas avoir deux types de citoyens canadiens. Certains qui défendent l'environnement et dont le gouvernement ne se préoccupe pas. Et les autres, qui le préoccupent », dit Patrick Bonin. Selon lui, la plupart des pays dont sont issus les 30 militants arrêtés ont demandé leur libération.

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