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La Banque du Canada maintient son taux directeur inchangé à 1%

23/10/2013 10:12 EDT | Actualisé 23/12/2013 05:12 EST
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OTTAWA - La Banque du Canada adopte une attitude neutre quant à la direction que pourraient prendre les taux d'intérêt ces prochaines années. La banque centrale a signalé mercredi qu'elle pourrait être aussi prête à réduire son taux directeur qu'à le hausser, à la lumière de la faiblesse persistante de l'inflation et des plus faibles prévisions pour la croissance économique jusqu'en 2015.

Comme prévu, la banque centrale a maintenu son taux de financement à un jour à son niveau actuel d'un pour cent, où il se trouve depuis plus de trois ans.

Mais l'élimination de son parti pris favorable à un resserrement de la politique monétaire — lequel était en place depuis avril 2012 — laisse croire qu'elle est encore moins pressée de hausser les taux d'intérêt qu'elle ne l'était il y a quelques mois.

Le dollar canadien, qui affichait déjà une baisse avant l'annonce de la Banque du Canada, a glissé encore davantage par la suite. Il a clôturé la séance à 96,30 cents US, en baisse de 0,89 cent US.

Selon la banque centrale, l'économie canadienne, qui repose toujours grandement sur la demande intérieure, n'est pas encore prête à évoluer de façon à ce que sa croissance s'appuie davantage sur les exportations et puisse convaincre les entreprises canadiennes à recommencer à investir et à embaucher.

«Au Canada, les conditions économiques incertaines à l’échelle mondiale et intérieure retardent le raffermissement des exportations et des investissements des entreprises. Le niveau de l’activité économique est donc plus bas que la Banque ne l’avait anticipé», a écrit le gouverneur de la banque centrale, Stephen Poloz, dans le sommaire du plus récent Rapport sur la politique monétaire.

«En conséquence, le niveau actuel de l’activité économique est maintenant estimé être plus bas qu’anticipé dans le rapport de juillet.»

En fait, la banque centrale semble avoir réécrit de façon fondamentale son plan de match pour l'économie par rapport à il y a quelques mois.

Sa projection de croissance pour l'année en cours a ainsi été révisée à la baisse de deux dixièmes de point à 1,6 pour cent, ce qui ferait de 2013 la troisième année consécutive de ralentissement pour l'expansion économique du Canada.

Les prévisions pour la croissance de l'an prochain ont été révisées de façon encore plus importante — passant de 2,7 pour cent à 2,3 pour cent — et celles pour 2015 ont reculé d'un dixième de point à 2,6 pour cent.

En outre, la banque a indiqué que le niveau du produit intérieur brut (PIB) était inférieur de 0,4 pour cent à ce qu'elle avait prévu pour le troisième trimestre, que la capacité inutilisée de l'économie était plus importante et qu'il faudrait environ six mois de plus pour renouer avec son plein potentiel, ce qui est maintenant anticipé pour la fin 2015.

Aux yeux de plusieurs économistes, le nouveau ton adopté par la banque, plus sombre, la place dans le camp qu'ils occupent depuis déjà un bon moment. Les observateurs considèrent depuis longtemps que les prévisions de croissance de la banque centrale sont trop optimistes et ils sont bien moins enthousiastes qu'elle en ce qui a trait au passage d'une économie intérieure vers une économie soutenue par une demande externe — particulièrement compte tenu des luttes budgétaires entre républicains et démocrates au Congrès américain depuis la fin de 2012.

La banque centrale croit que les pépins entourant la récente fermeture du gouvernement des États-Unis, les récentes coupes dans les dépenses et la menace de défaillance tirent à leur fin, ce qui pourrait faire redémarrer pour de bon l'expansion économique américaine et hausser la demande pour les exportations canadiennes.

«L’économie américaine est plus faible qu’escompté, mais à mesure que les vents contraires attribuables à la situation budgétaire se dissiperont et que le désendettement des ménages sera mené à terme, la croissance devrait s’accélérer en 2014 et en 2015», a-t-elle prédit.

Elle admet cependant une certaine inquiétude quant à la façon dont cela profitera aux Canadiens à court terme. La faiblesse de la demande explique une partie des difficultés des exportateurs canadiens, mais pas toutes, ajoutant que la faiblesse «pourrait être due à des changements dans les liens commerciaux qui ont été difficiles à appréhender adéquatement et aux défis qui subsistent sur le plan de la compétitivité».

Il est possible, poursuit-elle, que les pressions concurrentielles attribuables à la vigueur du dollar canadien et à la faiblesse de la productivité entraînent une perte encore plus importante que prévu de part du marché pour le secteur canadien de l'exportation.

La Banque du Canada conclut que plusieurs risques persistent quant aux perspectives mondiales et canadiennes, lesquels pourraient avoir une incidence positive ou négative.

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