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Un sénateur utilise les ressources du Parlement à des fins autres que professionnelles

22/10/2013 05:32 EDT | Actualisé 22/12/2013 05:12 EST

Le sénateur libéral Colin Kenny utilise les ressources du Parlement à des fins personnelles. Une ex-adjointe déplore le fait qu'elle passait la moitié de sa journée à faire des tâches qui n'avaient rien à voir avec son travail au Sénat.

Lorsqu'elle était étudiante en économie internationale à l'Université d'Ottawa, Pascale Brisson a décroché un emploi au Sénat. Quelques mois après son arrivée, son rêve s'est toutefois effrité.

Elle est alors devenue adjointe exécutive du sénateur libéral, Colin Kenny.

« À peu près la moitié de ma journée était passée à faire des tâches personnelles pour le sénateur. [...] Ça pouvait être des factures soit d'Hydro, des factures d'eau, de Rogers, d'ADT pour le système d'alarme, des frais de condo, la Visa du sénateur », illustre-t-elle.

Elle s'occupe aussi de son entraîneur personnel, de ses vêtements et de sa copropriété.

« Il y avait plein de petits trucs dans sa maison qu'il voulait arranger. Je devais prendre un rendez-vous avec ces compagnies-là pour qu'elles puissent venir faire un premier estimé chez le sénateur et ensuite aller avec le meilleur estimé », se rappelle Mme Brisson.

Le sénateur utilise son argent personnel pour régler ses factures. Mais le salaire de son adjointe, qui s'élève à plus de 40 000 $ par année, est payé par les contribuables.

Les règles du Sénat

Les règlements interdisent pourtant aux sénateurs d'utiliser les ressources de la Chambre haute à des fins autres que parlementaires.

« Tout ce qui touche sa vie privée, sa vie personnelle [...] ça ne peut pas bénéficier de ces ressources-là. Il ne faut pas oublier qu'on parle de fonds publics ici », note Christian Rouillard, professeur d'administration publique, à l'Université d'Ottawa.

Au téléphone, le sénateur Colin Kenny explique que son adjointe était la mieux placée pour fixer ces rendez-vous. « Elle était responsable de mon horaire [...] et cela ne prenait certainement pas la moitié de son temps », soutient-il.

Il confirme par ailleurs qu'elle effectuait des tâches personnelles. « Elle a payé certaines factures, mais seulement pendant une très courte période de temps », avance M. Kenny.

En septembre dernier, Pascale Brisson a démissionné de son poste au Sénat. « Tant que les employés politiques n'auront pas le droit de divulguer ce qui se passe vraiment dans les bureaux [...] des scandales vont encore avoir lieu », avance-t-elle.

Elle espère que son témoignage changera les choses. D'autres employés ont corroboré ses dires.

D'après le reportage de Brigitte Bureau.

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