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Un nouveau roman sur la corruption pour l'auteur du&nbsp;<em>Matou</em>

18/10/2013 11:54 EDT | Actualisé 18/12/2013 05:12 EST

Chaque matin, Yves Beauchemin écrit jusqu'à midi environ. Il a fait une pause vendredi pour nous parler de son prochain roman, inspiré par le parfum de corruption qui flotte sur le Québec depuis quelques années.

De but en blanc, il annonce qu'il n'aurait pas dû en parler. Car il a un principe : tant qu'un livre n'est pas terminé, il ne faut pas en parler. Mais l'auteur, plutôt bavard de nature, reconnaît en riant qu'il va devoir assumer les conséquences de ses paroles...

Parler d'un livre en gestation lui rappelle un personnage de La cousine Bette, de Balzac, qu'il avait lu à l'université : le comte Wenceslas, sculpteur polonais, y parle des grandes œuvres qu'il projette de réaliser, mais ne les réalise jamais. Pour Yves Beauchemin, c'est un peu ça, le risque : parler de ce qu'on veut créer au lieu de le faire.

En l'occurrence, il a déjà rédigé une centaine de pages du roman et découvre la suite au fur et à mesure qu'il écrit. Car s'il sait où il va, il ne connaît pas encore le chemin qu'il va emprunter.

Une construction qui laisse une place à l'improvisation

La méthode d'écriture d'Yves Beauchemin a changé depuis ses débuts. Autrefois, il préparait un synopsis extrêmement détaillé pour ses romans. Du moins, c'est ainsi qu'il avait procédé pour L'enfirouapé, Le matou ou encore Juliette Pomerleau.

Mais à tout prévoir dans les moindres détails, on tue parfois la spontanéité. Avec les années de métier qu'il a derrière lui, il s'accorde un peu plus de liberté maintenant et laisse de plus en plus de place à l'improvisation.

Jérôme à l'école de la corruption

Son prochain roman racontera l'histoire d'un jeune homme, Jérôme, qui vient de terminer l'université et va faire la dure expérience de la vie.

Jérôme voulait prendre une année sabbatique en Amérique du Sud mais se retrouve plutôt à Cuba, où il va rencontrer l'amour sous les traits d'une femme légèrement plus âgée que lui, et qui vient de vivre une séparation.

Il va aussi faire la connaissance sur place d'une quinquagénaire propriétaire d'hôtel dont le mari lui servira de mentor en corruption.

Justement, Yves Beauchemin en est là ce matin, à la page 90, sur le point d'entamer le chapitre dans lequel ce personnage, qu'il verrait bien sous les traits de Jean Duceppe ou, pourquoi pas, de Gilles Vaillancourt, va faire son entrée. Mais il précise en riant qu'il écrit un roman, et non un film!

Pourquoi avoir choisi le thème de la corruption?

Yves Beauchemin constate qu'on vit dans une atmosphère « absolument épouvantable », où la perte de confiance dans les institutions est généralisée. Lui qui a investi dans le fonds de solidarité de la FTQ se sent directement atteint.

Et en tant qu'écrivain, il se voit un peu comme un baromètre de la société.

Mais il s'agit bien de fiction. Et comme c'est du Beauchemin, ce ne sera pas un polar, mais plutôt un roman d'initiation, avec un mélange d'humour et une pointe de cynisme.

Le roman, qui n'a encore de titre, sortira en 2014, pour coïncider avec le 40e anniversaire de la maison d'édition Québec Amérique. Yves Beauchemin précise que, souvent, ses titres arrivent à la toute fin du processus. 

Par exemple, pour L'enfirouapé, il se souvient que c'est Alain Stanké qui avait trouvé le titre. Lui était plutôt sceptique, trouvant le mot trop « terroir ». On connaît la suite...

Né à Noranda en 1941, Yves Beauchemin est certainement l'une des figures les plus importantes de la littérature québécoise. C'est en 1974 qu'il publie son premier roman, L'enfirouapé, pour lequel il obtient le prix France-Québec. C'est toutefois en 1981, avec la publication du Matou, qu'arrivera véritablement le succès. L'histoire de Florent et du jeune Émile sera d'ailleurs portée à l'écran, tout comme Juliette Pomerleau, son roman suivant. Outre plusieurs autres parutions, c'est sa trilogie Charles le téméraire, amorcée en 2004, qui a été la plus marquante de la dernière décennie. En 2013, il a été membre du jury d'un des Prix littéraires Radio-Canada, le Prix du récit.


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