POLITIQUE

Jean-Claude Gobé défend deux candidatures controversées

18/10/2013 04:41 EDT | Actualisé 18/12/2013 05:12 EST
PC

Le chef du parti Action Laval et candidat à la mairie Jean-Claude Gobé a réitéré jeudi sa confiance envers ses candidats Pietro Iannuzzi et Nick Colasurdo, dont certains faits passés refont surface en pleine campagne électorale.

Ainsi, l'avocat Pietro Iannuzzi, qui aspire à devenir conseiller municipal du district de Renaud, a été condamné dans une affaire civile en décembre 2011 à verser près de 53 000 $ à des clients insatisfaits d'avoir perdu un procès.

La juge de la Cour supérieure du Québec a conclu, entre autres, que « Me Iannuzzi a été négligent [...] dans l'exécution de son mandat et dans ses représentations à la cour ». Elle estime qu'il n'a pas présenté à la cour des éléments de preuves qui étaient pourtant « identifiables et disponibles ».

« Je suis prêt à assumer mes responsabilités », affirme aujourd'hui Me Iannuzzi, qui se défend d'avoir été négligent. « La juge a dit que je ne suis pas allé assez loin, que j'aurais dû faire d'autres recherches. Mais j'avais un témoin important. La juge ne l'a tout simplement pas cru. Malheureusement, la cause a tourné au vinaigre », explique-t-il.

Pour Jean-Claude Gobé, qui était au courant de cette histoire, il importe de ne pas « mettre au ban de la société » une personne « chaque fois qu'elle a une difficulté ». « Tout le monde a droit à l'erreur », plaide-t-il.

Conseil de discipline du Barreau

Par ailleurs, Me Iannuzzi doit également se présenter en janvier devant le Conseil de discipline du Barreau du Québec parce qu'il fait l'objet d'une plainte de la part d'un autre client insatisfait.

Le plaignant, qui poursuit plusieurs avocats en même temps pour des faits remontant aux années 1980, accuse Me Iannuzzi de négligence dans le traitement de ses dossiers.

« Malheureusement, c'est un client qui n'est satisfait d'aucun de ses avocats », estime Me Iannuzzi. Il présente pour sa défense une lettre du Barreau du Québec indiquant que l'on ne peut trouver « aucun élément appuyant les reproches faits envers la conduite professionnelle de Me Iannuzzi ».*

Jean-Claude Gobé n'était pas au courant de cette plainte contre son candidat. « Il m'a évoqué un certain nombre de difficultés dans son métier d'avocat », avoue-t-il, ajoutant que « ça fait partie de la vie d'avocat ».

Proximité avec le scandale des garderies

Un autre candidat d'Action Laval, Nick Colasurdo, qui se présente dans le district Duvernay - Pont-Viau, a dû se défendre un peu plus tôt cette semaine d'allégations selon lesquelles il aurait été mêlé au scandale des garderies, qui a fait les manchettes en 2010.

Dans les années 2000, M. Colasurdo était président de l'exécutif libéral de la circonscription de Lafontaine, représentée à l'Assemblée nationale par le député Tony Tomassi.

À l'époque, son nom, ainsi que celui de plusieurs autres membres de l'exécutif libéral de Lafontaine, avait été associé à ce scandale à de nombreuses reprises, autant à l'Assemblée nationale que dans les médias. M. Colasurdo était, et est toujours, lié à des garderies de Saint-Eustache et de L'Assomption. Il affirme que celles-ci n'ont obtenu aucune place subventionnée.

« Je n'ai reçu aucun permis du gouvernement », affirme M. Colasurdo. « L'attribution de places n'a jamais été une discussion dans notre association [exécutif libéral de Lafontaine], que ce soit en public ou même en privé avec le député à l'époque », ajoute-t-il.

« J'ai fait vérifier ça, bien sûr », admet Jean-Claude Gobé. « M. Colasurdo a été impliqué de manière injuste dans cette histoire-là. Il n'a rien à se reprocher », dit-il.

« Il est allé chercher son certificat de bonne conduite auprès du service de renseignement judiciaire canadien et avec la police de Laval. Il l'a obtenu très rapidement. Donc, je n'ai aucune raison de penser qu'il est coupable de quoi que ce soit. Il n'est coupable de rien », conclut M. Gobé.

Prolongation du mandat du tuteur

Jeudi, Jean-Claude Gobé présentait son souhait en ce qui a trait à la tutelle de Laval. S'il est élu, il demandera au ministre des Affaires municipales de terminer la tutelle, tout en prolongeant le séjour à Laval du tuteur Florent Gagné, pour une période minimale de six mois, avec un mandat renouvelé.

M. Gagné deviendrait un « conseiller accompagnateur », si le ministre accepte la proposition.

« Ça permettra au conseil municipal de s'installer. De ne pas être ballotté d'un service à l'autre, de ne pas être pris dans des pressions indues », explique M. Gobé.

« Tous les services de la ville vont devoir être étudiés et analysés. Même chose pour les sociétés paramunicipales. Il faudra regarder leur mission et surtout, leur gouvernance. Pour cela, nous avons besoin d'aide », dit-il.

Le « conseiller accompagnateur » pourra quitter son poste lorsque l'ordre, la bonne gouvernance et la transparence seront rétablis au sein de l'administration municipale, conclut M. Gobé.

*Traduction de : « We have not been able to find any elements that could support the reproaches made against Me Pietro Iannuzzi's professionnal conduct. »

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