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Gaz de schiste : David Alward appuie l'intervention de la GRC

18/10/2013 05:41 EDT | Actualisé 18/12/2013 05:12 EST

Au lendemain de l'intervention musclée de la GRC, le premier ministre du Nouveau-Brunswick estime que la GRC disposait de suffisamment d'information pour estimer que les autochtones, qui maintenaient une barricade, représentaient un danger.

« Nous ne pouvons pas supporter la violence, nous ne pouvons pas supporter les gens quand ils brisent nos lois », ajoute-t-il.

Le premier ministre assure qu'il est prêt à rencontrer les leaders autochtones et à continuer le dialogue sans remettre en question le développement de l'industrie du gaz de schiste.

LA GRC justifie son opération policière à Rexton

La GRC affirme que l'intervention policière était nécessaire vu que la manifestation ne se faisait plus de façon pacifique

La GRC a saisi un certain nombre d'armes à feu dans un camp établi sur les lieux de la manifestation. Des engins explosifs, des munitions, des couteaux et des vaporisateurs de chasse-ours ont également été saisis.

« Les armes et les explosifs saisis montrent qu'il ne s'agissait plus d'une manifestation pacifique et qu'il y avait un danger grave pour la sécurité publique. Nous avons pris les mesures nécessaires pour garantir la sécurité publique », a déclaré le commissaire adjoint Roger Brown, commandant divisionnaire de la GRC au Nouveau-Brunswick.

Jeudi, le démantèlement d'une barricade érigée à cet endroit il y a trois semaines a tourné à la confrontation avec la GRC. Des voitures de police ont été incendiées. Au moins 40 personnes ont été arrêtées, dont plusieurs membres d'Elsipogtog. 

Huit personnes parmi  les 40 manifestants qui ont été arrêtées ont comparu en cour, vendredi, à Moncton. Elles sont notamment accusées de méfait, de voies de fait, de séquestration, et d'obstruction au travail d'un policier. Les procédures judiciaires vont se poursuivre dans les prochains jours.

La barricade bloquait les véhicules de recherche gazière de l'entreprise SWN Ressource. Les policiers ont agi pour faire respecter l'injonction obtenue par l'entreprise pour faire cesser la manifestation qui bloquait ses camions. Ces derniers ont pu circuler.

L'entreprise demande à la cour de prolonger indéfiniment l'injonction. Le gouvernement provincial appuie cette demande. Le juge prévoit rendre sa décision à ce sujet lundi.

À Rexton, les lieux de la manifestation avaient été dégagés jeudi soir. Les routes 11 et 134, qui étaient bloquées à cet endroit durant l'opération policière, avaient été rouvertes à la circulation.

Le ministre fédéral de la Justice réclame la fin des confrontations et la reprise des discussions

À l'occasion d'une table ronde sur des enjeux relatifs à la justice à Halifax, Peter MacKay a affirmé qu'il était nécessaire de respecter la loi, d'éviter la violence et de reprendre le dialogue.

Le ministre de l'Énergie, Craig Leonard, rappelle que SWN Resources est autorisée à effectuer des tests sismiques dans la province.

Brian Gallant, chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick et député de Kent, souhaite aussi une solution négociée. «  Je pense qu'on veut voir une résolution de ceci. On veut s'assurer qu'il y ait un dialogue qui commence à nouveau. On veut certainement donner le droit des gens de manifester, mais aussi, il faut qu'on demande aux gens, il faut que les gens comprennent qu'on a besoin de suivre la loi et ça inclus les injonctions données par la cour  », affirme M. Gallant.

Dans une déclaration, l'entreprise SWN assure qu'elle effectue ses tests au Nouveau-Brunswick conformément à son permis et aux lois en vigueur. Elle affirme respecter le droit des citoyens d'exprimer leur opinion lorsqu'ils le font de façon sécuritaire et légalement. L'entreprise ajoute qu'elle travaille étroitement avec les autorités et des chefs de file de la communauté pour exercer ses activités de façon sécuritaire.

Le mouvement de contestation prend de l'ampleur

Des dizaines de manifestants de Burnt Church, au Nouveau-Brunswick, ont bloqué la route 11, jeudi soir. Des manifestants ont bloqué le pont d'Eel River Bar sur la route 134, dans le nord de la province, vendredi matin.

Des manifestations se sont aussi tenues le long des routes qui bordent les communautés de Kingsclear, près de Fredericton et de Tobique dans le nord-ouest de la province. Des membres de Listuguj, en Gaspésie, ont ralenti la circulation sur le pont J. C. Van Horne qui relie leur communauté à Campbellton.

Des Autochtones manifestent à plusieurs endroits en Nouvelle-Écosse depuis jeudi. Si l'injonction contre les manifestants néo-brunswickois est prolongée par la cour, des Autochtones au Cap-Breton menacent de bloquer la circulation des camions sur l'autoroute 105, qui mène à Sydney et aux traversiers vers Terre-Neuve.

Environ 200 personnes ont manifesté sur la Robie tout près du centre-ville d'Halifax.

Ailleurs au pays, une manifestation à Montréal a rassemblé 200 personnes. Une autre manifestation a perturbé la circulation sur le pont Mercier, vendredi matin.

Des rassemblements ont aussi eu lieu à Ottawa et à Winnipeg, jeudi soir.

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