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Le gouvernement américain reprend vie après l'entente de mercredi sur la dette (VIDÉO)

17/10/2013 10:57 EDT | Actualisé 17/12/2013 05:12 EST

WASHINGTON - Le président américain Barack Obama a tiré à boulets rouges sur ses adversaires républicains, jeudi, les accusant d'avoir endommagé l'économie et la réputation des États-Unis, au terme d'une longue crise budgétaire qui a paralysé le gouvernement pendant plus de deux semaines et poussé le pays au bord du défaut de paiement.

Alors que le gouvernement américain reprenait vie jeudi, le président a prévenu que l'entente de dernière minute conclue mercredi a calmé mais non fait disparaître une crise politique et fiscale plus profonde. L'administration Obama et ses rivaux républicains savent pertinemment que l'entente ne fait que repousser de quelques semaines une querelle idéologique qui demeure non résolue.

M. Obama a lancé une mise en garde contre toute répétition de la crise.

«Le peuple américain en a complètement soupé de Washington, a déclaré le président Obama. Rien n'a plus endommagé la crédibilité de l'Amérique dans le monde que le spectacle des dernières semaines.»

Il a ensuite vertement critiqué ses adversaires qui ont entraîné la paralysie du gouvernement pendant 16 jours et menacé le pays de se retrouver en défaut de paiement, déclarant que «désaccord ne correspond pas nécessairement à dysfonction».

Des centaines d'employés fédéraux ont repris le chemin du boulot après que le président Obama ait entériné, un peu après minuit, la nouvelle loi qui avait précédemment été adoptée par les deux chambres du Congrès.

L'entente a été applaudie à travers le monde. La trêve pourrait toutefois être de courte durée, en raison de nouvelles échéances en janvier et février. Certains observateurs croient toutefois que le Parti républicain se fera maintenant plus conciliant, après avoir vu sa popularité être matraquée dans les sondages.

M. Obama a ensuite ajouté que la crise a freiné la croissance économique du pays et endommagé la crédibilité du pays à travers le monde. Il a cherché à rassurer les gouvernements et les investisseurs en déclarant que «le crédit des États-Unis demeure irréprochable».

«Nous allons nous en remettre, comme nous le faisons toujours», a lancé M. Obama.

La directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, s'est réjouie qu'une entente ait été conclue, tout en prévenant que l'économie américaine a besoin d'une stabilité financière à long terme.

Le plus important marché financier d'Asie, la bourse de Tokyo, a clôturé en progression de 0,8 pour cent jeudi.

Le président Obama a demandé aux politiciens de maintenant se concentrer sur le budget, la réforme de l'immigration et une loi agricole. Les négociations ont repris dès jeudi matin dans l'espoir d'en arriver à une paix budgétaire à long terme.

M. Obama a demandé aux deux partis d'élaborer un budget qui abaissera le déficit, investira dans l'éducation et les infrastructures, abolira les dépenses inutiles et fermera les échappatoires corporatifs.

Le président a aussi estimé qu'une loi sur l'immigration devrait être finalisée d'ici la fin de l'année. La loi a été adoptée par le Sénat avant de s'échouer à la Chambre des représentants.

L'entente donnera aux deux partis le temps de respirer un peu. Le gouvernement demeurera ouvert jusqu'au 15 janvier et le plafond de la dette a été relevé jusqu'au 7 février.

«Il n'y avait pas de justification économique à tout ça, a lancé le vice-président Joe Biden aux employés de l'Agence de protection de l'environnement qui reprenaient le boulot. J'espère que tous en retireront la leçon que c'était inutile et que nous saurons regagner la confiance du peuple américain.»

Plusieurs sondages ont témoigné d'un effondrement des appuis au Parti républicain. Le sénateur républicain John McCain a déclaré que le peuple américain était clairement en désaccord avec la manière dont les républicains, mais aussi les démocrates et le président, ont géré cette crise.

«J'espère que ça nous servira de leçon pour mettre fin à tous ces enfantillages», a-t-il déclaré sur les ondes de CNN.

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