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France : colère d'écoliers après l'expulsion d'une jeune immigrante

17/10/2013 10:46 EDT | Actualisé 17/12/2013 05:12 EST

Des centaines d'adolescents français sont descendus dans les rues de Paris, jeudi, pour dénoncer l'expulsion d'une jeune camarade de 15 ans, présentée comme étant une Kosovare. Les adolescents ont érigé des barricades autour de leurs écoles afin de manifester leur opposition à l'expulsion de familles immigrantes, dont certains de leurs camarades de classe.

La police a aspergé de gaz lacrymogène certains écoliers qui lançaient des projectiles, mais la majorité des protestataires ont marché pacifiquement. Certains jeunes sont montés sur des abribus pour réclamer la démission du ministre de l'Intérieur.

C'est la médiatisation de l'arrestation de l'adolescente de 15 ans, à sa sortie de l'école, et son expulsion le jour même qui a mis le feu aux poudres. Leonarda Dibrani était scolarisée dans l'est de la France depuis quatre ans et parlait français avant d'être expulsée en compagnie des sept autres membres de sa famille.

Le gouvernement explique que la demande d'asile de la famille a été rejetée et qu'elle n'était plus autorisée à séjourner en France. Ce genre d'expulsion est monnaie courante en France, où le gouvernement tente de limiter l'immigration illégale.

Les écoliers expliquent leur colère en soulignant que les policiers sont allés trop loin dans le traitement de Leonarda Dibrani, arrêtée devant ses camarades de classe. Les policiers ont terni l'image de championne des droits de la personne de la France, selon eux. Ils souhaitent que le gouvernement socialiste revienne sur sa décision et qu'il permette à l'adolescente de revenir en France.

Le père de Leonarda dit avoir menti aux autorités françaises

Le père de Leonarda a déclaré jeudi à Reuters avoir menti aux autorités françaises sur l'origine kosovare de sa femme et de ses enfants pour tenter d'obtenir l'asile.

« Toute la famille, ma femme et mes enfants, sont nés en Italie. Ils n'ont rien à voir avec le Kosovo », a avoué Reshat Dibrani à Reuters. « Ils sont nés en Italie et puis nous sommes venus en France. Nous avons menti aux autorités en disant que nous étions du Kosovo. »

« Nous avons demandé l'asile en France et nous ne pouvions pas montrer nos papiers italiens. Nous avons dit que nous avions fui le Kosovo", ajoute cet homme de 43 ans.

La famille vit désormais dans un quartier populaire de Mitrovica, ville du nord du Kosovo. Le gouvernement kosovar verse une aide mensuelle de 150 euros pour leur hébergement au deuxième étage d'une maisonnette.

Reshat Dibrani dit avoir quitté le Kosovo en 1973 ou 1974 et être prêt éventuellement à y rester, mais pas ses enfants. « Les enfants ont peur parce qu'ils ne connaissent pas la langue, ici. Ils pleurent nuit et jour. Ils disent, Papa, qu'est-ce que tu nous as fait ?' Je leur dis que ce n'est pas ma faute, mais celle de la France », a-t-il ajouté.

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