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Navalny évite la prison en Russie

16/10/2013 04:13 EDT | Actualisé 15/12/2013 05:12 EST

La condamnation de l'opposant russe Alexeï Navalny à une peine de cinq ans de prison pour vol a été confirmée mercredi en appel, mais avec sursis, ce qui a permis au célèbre blogueur de quitter l'audience libre.

Le maintien de sa condamnation l'empêche toutefois de se présenter à des fonctions électives pendant plusieurs années.

Alexeï Navalny, qui nie les faits qui lui sont reprochés et estime être victime de poursuites à caractère politique, a exprimé son intention de contester la décision de la cour d'appel.

Accusé d'avoir détourné 16 millions de roubles (plus de 500 000 $) dans une entreprise publique d'exploitation forestière alors qu'il était conseiller auprès du gouverneur de la région de Kirov en 2009, Alexeï Navalny avait été reconnu coupable en juillet et condamné à cinq ans de détention.

Il avait fait appel de cette condamnation, avait été remis en liberté et avait pu poursuivre sa campagne électorale pour les municipales à Moscou où il avait réalisé un résultat honorable.

« Il est clair pour moi que les autorités essaient par tous les moyens de m'évincer de la politique, avec des restrictions et des faits montés de toutes pièces », a déclaré Alexeï Navalny après avoir embrassé sa femme devant la cour d'appel de Kirov, une ville située à un millier de kilomètres de Moscou.

« Une chose est sûre : ils ne réussiront pas à m'évincer, moi et mes partisans, de la vie politique », a-t-il ajouté.

En mettant Alexeï Navalny sous les verrous, les autorités russes risquaient une nouvelle vague de manifestations de l'opposition. Moscou risquait aussi de voir ternie un peu plus son image en Occident à quatre mois des Jeux olympiques d'hiver à Sotchi.

« Mandela russe »

Alexeï Navalny estime que sa condamnation est une vengeance politique de Vladimir Poutine. « Je pense que la motivation politique de cette affaire est évidente pour tout un chacun », a-t-il déclaré lors de l'audience d'appel.

Blogueur anticorruption, Alexeï Navalny s'était vigoureusement engagé dans les grandes manifestations contre le pouvoir de Vladimir Poutine, après les accusations de fraude massive aux élections législatives de décembre 2011.

Les manifestations ont peu à peu faibli, mais Alexeï Navalny en est sorti grandi, apparaissant désormais comme le principal opposant à Vladimir Poutine.

En le laissant participer aux élections municipales de Moscou cet été, le Kremlin misait sur le fait qu'il essuierait une humiliante défaite. Or, il a recueilli 27 % des voix et a failli contraindre le maire sortant, Sergueï Sobianine, un allié de Vladimir Poutine, à un second tour.

Son procès a été le plus suivi en Russie depuis la deuxième condamnation de l'ancien oligarque Mikhaïl Khodorkovski en 2010.

Si Vladimir Poutine dément exercer quelque influence sur l'appareil judiciaire, nombre de Russes soupçonnent le Kremlin de dicter par calcul politique les verdicts dans certaines affaires de premier plan.

« Il est difficile, pour les autorités russes, d'emprisonner Navalny, car il a acquis une certaine légitimité avec le soutien des 600 000 personnes qui ont voté pour lui », explique Lidia Chevtsova, du club de réflexion Carnegie Moscow Center.

Comme la popularité d'Alexeï Navalny est limitée dans les provinces, Vladimir Poutine ne sent pas son pouvoir menacé pour le moment. Aussi, il serait absurde que le Kremlin fasse de lui un « Mandela russe », ajoute Lidia Chevtsova.

Reuters

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