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Rob Ford: les plaintes contre des journaux rejetées par le Conseil de presse

16/10/2013 06:27 EDT | Actualisé 16/12/2013 05:12 EST
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TORONTO, ON - FEBRUARY 20: Councillor Doug Ford and Mayor Rob Ford chat in council chambers during a discussion on a motion by councillor Adam Vaughn to open up the debate on city shelters, which was later voted down. (Bernard Weil/Toronto Star via Getty Images)

TORONTO - Les deux plus importants quotidiens canadiens ont agi de manière responsable et dans l'intérêt public en publiant des articles sur des allégations contre le maire de Toronto Rob Ford et son frère, le conseiller municipal Doug Ford, a conclu mercredi le Conseil de presse de l'Ontario.

En rejetant deux plaintes distinctes du public, le Conseil a jugé que le Toronto Star et le Globe and Mail se sont livrés à un travail d'enquête responsable et respectueux de l'éthique.

Le Conseil relève aussi qu'avant la publication des reportages, en mai dernier, les frères Ford ont eu plusieurs occasions de s'exprimer sur les sujets traités dans les textes.

Le maire Rob Ford n'a pas voulu commenter la décision du Conseil, mercredi.

Des dizaines de lecteurs s'étaient plaints des articles publiés par ces deux quotidiens relativement à des allégations contre les frères Ford.

Le Toronto Star a d'abord écrit qu'une vidéo tournée à l'aide d'un téléphone cellulaire montrait le maire Ford qui semblait fumer du crack. Le Globe and Mail a ensuite publié un texte affirmant que pendant sa jeunesse, Doug Ford avait fait le commerce de stupéfiants dans un quartier de l'ouest de Toronto.

Le Conseil de presse avait accepté de se pencher sur deux plaintes représentatives du lot.

Darylle Donley accusait ainsi le Toronto Star d'avoir été guidé par son opposition farouche aux politiques du maire Ford. La vidéo pouvait être bidon, et pour soutenir son reportage, le quotidien aurait dû acheter les images qui circulaient, selon le Star, chez les trafiquants de drogue, a plaidé M. Donley.

Dans sa plainte contre le Globe and Mail, Connie Harrison soutenait quant à elle que le quotidien a sapé la confiance du public en utilisant des sources anonymes pour relater les allégations de trafic de drogue contre Doug Ford.

«Nous ne savons plus qui croire», a exprimé Connie Harrison en audience au Conseil de presse le mois dernier.

Dans leur défense, les deux journaux ont soutenu avoir pris toutes les mesures possibles pour s'assurer que leurs reportages soient exacts et équitables. Ils ont indiqué avoir déployé des efforts extraordinaires pour vérifier l'information, et avoir demandé à maintes reprises les versions des frères Ford sur ces affaires — en vain.

Les deux quotidiens ont aussi affirmé qu'il était dans l'intérêt public — étant donné les fonctions des deux hommes — de publier les articles.

Le Globe and Mail a dit n'avoir pas eu d'autres choix que de se fier à des sources anonymes pour confirmer l'information.

À la suite de la publication des reportages, le maire Ford a simplement dit qu'il ne fumait pas de crack et que la vidéo n'existait pas. Doug Ford a quant à lui nié avec vigueur qu'il ait déjà été trafiquant de drogue.

Le Conseil de presse de l'Ontario, qui est financé par les organisations de presse membres, incluant le Globe and Mail et le Toronto Star, ne vérifie pas les faits d'un reportage, mais se penche plutôt sur le respect de normes journalistiques par ses membres.

Les propriétaires du Star et du Globe and Mail détiennent une participation de contrôle dans l'agence de presse La Presse Canadienne, conjointement avec la société Gesca, propriétaire de plusieurs quotidiens au Québec, dont La Presse.