POLITIQUE

Harper dit vouloir aller plus loin, plus vite pour les familles canadiennes

16/10/2013 11:36 EDT | Actualisé 16/12/2013 05:12 EST
CP

OTTAWA - Non seulement le gouvernement fédéral fait-il le voeu du retour à l'équilibre budgétaire en 2015, mais il compte s'assurer que les gouvernements futurs ne puissent écrire leur budget à l'encre rouge quand l'économie va bien.

Dans son discours du Trône lu par le gouverneur général David Johnston, mercredi, le gouvernement conservateur a dressé une liste de priorités pour les deux prochaines années de son mandat.

Il compte notamment déposer un projet de loi sur l'équilibre budgétaire. «Celui-ci exigera l'adoption de budgets équilibrés en temps normal et fixera un calendrier précis pour le retour à l'équilibre budgétaire en cas de crise économique», a signalé M. Johnston, en lisant le texte préparé par le gouvernement de Stephen Harper.

Le fédéral entend par ailleurs geler son budget de fonctionnement, changer la façon dont il gère ses dépenses et serrer encore la vis aux fonctionnaires.

Ottawa réaffirme par ailleurs son engagement envers les citoyens de Lac-Mégantic et annonce que les compagnies de chemin de fer devront contracter une assurance additionnelle pour «répondre de leurs actes» en cas de catastrophe.

Le gouvernement conservateur ne fournit toutefois pas de détails sur l'aide supplémentaire qu'il entend apporter à la communauté touchée, ni sur les changements précis qu'il compte faire dans la réglementation de l'industrie ferroviaire.

Le discours du Trône s'est ouvert par une minute de silence en mémoire des 47 personnes qui ont perdu la vie dans le déraillement survenu le 6 juillet dernier. La mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche, était dans la Chambre haute alors que M. Johnston livrait le discours du Trône, assise à côté de l'épouse du premier ministre, Laureen Harper. Elle n'a pas voulu commenter à chaud le contenu du document concernant sa municipalité.

Ottawa affirme notamment que des mesures «ciblées» seront prises pour s'assurer que le transport des marchandises dangereuses soit fait de façon plus sécuritaire. Il ne précise toutefois pas quelles seront ces mesures.

«Notre gouvernement continuera d'appuyer les citoyens de Lac-Mégantic et des communautés touchées en Alberta alors qu'ils se tournent vers l'avenir», a noté M. Johnston.

Le montant précis de l'engagement du fédéral pour la décontamination des lieux de l'accident n'a cependant pas été avancé, alors que Québec le somme depuis plusieurs semaines de se commettre. Jusqu'à présent, Ottawa a promis une aide de 60 millions $ pour la première phase d'urgence. Les assurances de la compagnie responsable de la tragédie, la Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA) ne semblaient pas dépasser les 30 millions $, une somme bien mince si on la compare à l'ampleur des dégâts.

Ottawa souhaite par ailleurs mettre sur pied un «Programme national d'atténuation des catastrophes» pour diminuer l'impact négatif des catastrophes naturelles, comme les inondations en Alberta.

Si Québec risque d'être déçu par le fait que les conservateurs ne chiffrent pas leur contribution pour la seconde phase d'aide à Lac-Mégantic, la province risque d'avoir également du mal à avaler une autre pilule: celle de la formation de la main-d'oeuvre.

En entrevue mardi, le ministre des Affaires intergouvernementales Alexandre Cloutier avait soutenu qu'Ottawa ne pouvait faire autrement que d'écouter les provinces dans ce dossier. Québec souhaite pouvoir gérer les transferts fédéraux en la matière comme il l'a toujours fait par le passé, mais cette option ne semble pas dans les cartons d'Ottawa.

Dans le discours du Trône, le gouvernement fédéral réitère plutôt son intention de mettre en place la Subvention canadienne pour l'emploi, ce qui risque fort d'irriter le gouvernement péquiste.

Promesses

Le fédéral assure qu'il «mènera bientôt à terme» les longues négociations qu'il avait entreprises pour un accord commercial avec l'Union européenne. «Cet accord pourrait créer 80 000 nouveaux emplois canadiens.»

Il confirme aussi une série de mesures pour protéger les consommateurs, comme la réduction des frais d'itinérance sur les réseaux de téléphonie sans fil et la possibilité de choisir un forfait à la carte pour les clients de la télévision par câble et satellite.

Sur le plan de la sécurité publique, un thème cher au premier ministre, Ottawa s'engage à offrir de nouveaux outils aux policiers et procureurs pour lutter contre la cyberintimidation. «Notre mesure érigera en infraction criminelle la distribution non consensuelle d'images intimes», précise-t-on.

Une autre initiative qui risque de retenir l'attention: le gouvernement compte modifier la loi pour «qu'une sentence à vie soit bel et bien un emprisonnement à vie».

Du côté environnemental, les troupes conservatrices veulent continuer d'exploiter les ressources naturelles du pays, car «cette occasion d'adhérer à de nouveaux marchés ne sera pas éternelle».

Elles comptent toutefois enchâsser dans la loi le principe de pollueur-payeur et établir des normes de sécurité plus élevées pour les compagnies pétrolières.

Enfin, dans la foulée des scandales qui ont secoué le Sénat au cours de la dernière année, le gouvernement réitère que la Chambre haute doit subir une réforme ou être éliminée, bien qu'Ottawa attende que la Cour suprême du Canada se penche sur le dossier avant d'y travailler. Il veut également modifier les lois électorales pour «assurer l'intégrité du système de vote».

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