POLITIQUE

L'opposition critique le discours du Trône (VIDÉO)

16/10/2013 07:39 EDT | Actualisé 16/12/2013 05:12 EST

OTTAWA - L'opposition a beau critiquer le discours du Trône du gouvernement, le premier ministre Stephen Harper ne se fera pas casser les oreilles longtemps: il quitte pour Bruxelles dès jeudi et n'assistera pas aux deux premières périodes de questions de la reprise parlementaire.

Ainsi, il n'entendra pas les doléances des partis d'opposition sur son projet de loi sur l'équilibre budgétaire, sur l'absence de mesures concrètes pour aider Lac-Mégantic et sur ses propositions pour encore amincir la fonction publique.

L'avis du bureau du premier ministre a été envoyé aux médias pendant la lecture du discours du trône au Sénat. Moins de 24 heures avant le départ.

Il précise que M. Harper se rendra à Bruxelles, en Belgique, en milieu de journée jeudi pour rencontrer le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, en vue de la conclusion de l'accord de libre-échange avec l'Europe.

Plus tôt mercredi, dans son discours au caucus conservateur, M. Harper avait indiqué que le Canada terminerait très bientôt ses négociations avec l'Europe. M. Barroso avait fait de même sur son compte twitter.

Le discours du trône de mercredi a dressé la liste des priorités du gouvernement pour les deux prochaines années, sa feuille de route, en quelque sorte, d'ici les prochaines élections de 2015.

Sur la loi sur l'équilibre budgétaire que le gouvernement promet de faire adopter, l'opposition croit que le premier ministre n'a de leçon à donner à personne. Les partis soulignent que le gouvernement conservateur a connu et créé plusieurs déficits.

«Ça n'a aucune crédibilité», s'est exclamé tout de go le chef de l'opposition officielle Thomas Mulcair, après la lecture du discours par le gouverneur général.

Daniel Paillé, le chef du Bloc québécois, dit craindre cette loi qui risque de voir le fédéral rejeter ses responsabilités sur le dos des provinces, alourdissant ainsi leurs dettes respectives.

M. Mulcair s'inquiète aussi du sort qui sera réservé aux fonctionnaires fédéraux alors que le discours indique que la fonction publique sera «allégée» et que les avantages sociaux des employés seront revus.

«C'est une chose qui est populaire pour les conservateurs et autres personnes de la droite d'attaquer les fonctionnaires. Ils pensent que c'est de la viande rouge pour leur base. Ils semblent oublier que ces gens offrent des services publics et que c'est une très bonne chose sur laquelle se fient les Canadiens», a déclaré le chef néo-démocrate.

Il constate de plus qu'aucune main n'est tendue au Québec dans ce discours du Trône qu'il qualifie de «tentative pour changer de chaîne».

Mais même si Stephen Harper essaie d'éviter la période des questions, il ne pourra toujours se sauver, prévient-il.

Il qualifie l'absence prévue du premier ministre de «précédent».

«Et même s'il continue à courir, je vous le garantis, il ne peut se cacher». M. Mulcair a maintenu que le premier ministre a prorogé le Parlement cet été afin d'éviter de répondre à de délicates questions sur le scandale des dépenses au Sénat et sur le rôle qu'a joué son propre bureau.

«Ce serait incroyable et sans précédent si M. Harper ne se présente pas demain (jeudi)», a ajouté M. Mulcair.

Il promet, tout comme le chef libéral Justin Trudeau, de poser des questions pour tenir le gouvernement en alerte, même en l'absence du chef conservateur.

«Ce qu'on voit, c'est un gouvernement qui est beaucoup plus 'focusé' sur sa propre survie que sur les préoccupations des Canadiens. Les Canadiens ont beaucoup de défis au niveau de la classe moyenne, au niveau de leur endettement, au niveau de leurs emplois. Et ce discours du Trône n'adresse pas réellement ces problèmes», juge M. Trudeau.

Le chef bloquiste, Daniel Paillé, dit juger le discours par ses grands absents plutôt que par ce qui s'y trouve. Il déplore ainsi que rien n'y soit pour corriger les lacunes de la réforme de l'assurance-emploi et que rien de viable en santé ne s'y trouve.

Sur les propositions gouvernementales en lien avec Lac-Mégantic — comme l'exigence d'assurances additionnelles pour les entreprises ferroviaires en cas de catastrophe — M. Paillé note que «on n'a pas besoin d'un discours du Trône pour agir. C'est arrivé au début de l'été et on est en automne».

Pour Thomas Mulcair, de voir que la mairesse de Lac-Mégantic a été invitée à assister au discours politique pour recevoir si peu, n'est que de la «récupération politique».

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