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John Greyson et Tarek Loubani s'expliquent

15/10/2013 03:38 EDT | Actualisé 14/12/2013 05:12 EST


Les deux Canadiens détenus pendant 50 jours en Égypte sont revenus sur les circonstances de leur arrestation lors d'une entrevue avec nos collègues de la CBC. Ils ont été critiqués pour s'être rendus au Caire alors que le Canada avait recommandé à ses citoyens de ne pas voyager dans ce pays.


John Greyson, un cinéaste de Toronto, et Tarek Loubani, un médecin de London en Ontario, étaient en escale au Caire le 16 août dernier, au moment où des opposants au régime ont organisé « Le vendredi de la colère ». Les manifestants dénonçaient la répression sanglante menée par les autorités contre les Frères musulmans, deux jours plus tôt.

Depuis leur hôtel, d'où ils observaient la scène, les deux Canadiens ont décidé de prendre part à la manifestation.


Mais le rassemblement a dégénéré. Des affrontements ont eu lieu près de certains ministères et les premiers coups de feu sont tirés.

« Quand des coups de feu ont été tirés sur les manifestants, indique Tarek Loubani, j'avais une obligation en tant que médecin. C'est quelque chose que j'enseigne à mes élèves et c'est quelque chose que mes professeurs m'ont enseigné. J'avais l'obligation morale de fournir de l'aide médicale. »

Le médecin a alors demandé aux manifestants quel était l'endroit le plus sécuritaire pour soigner des blessés et ils lui ont suggéré la mosquée Al-Fath, au centre du Caire.

« Mais la mosquée s'est rapidement transformée en hôpital improvisé alors que les blessés affluaient et que d'autres médecins apportaient leur aide », explique John Greyson.

Les deux Canadiens disent avoir été les premiers à s'être réfugiés dans cette mosquée, où près d'un millier de manifestants se sont finalement retrouvés.

Par la suite, la police a mené un assaut contre le bâtiment, qui a été assiégé jusqu'au lendemain matin. Selon les autorités, 173 personnes sont mortes lors de l'opération. C'est lorsque les deux Canadiens ont quitté l'endroit qu'ils se sont fait arrêter, tout comme 600 autres manifestants.


Les deux hommes ne regrettent rien et disent aujourd'hui vouloir aider les manifestants qui sont toujours emprisonnés. Le médecin, Tarek Loubani, souhaite notamment leur faire parvenir de l'aide médicale.

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