POLITIQUE

Pas de division au conseil des ministres au sujet de la charte, selon le ministre Drainville

15/10/2013 02:39 EDT | Actualisé 15/12/2013 05:12 EST
PC

QUÉBEC - Il n'y a pas de division au conseil des ministres au sujet de la Charte des valeurs, tout au plus des discussions, a assuré, mardi, le ministre responsable de la charte, Bernard Drainville.

Il a ainsi réagi aux rumeurs voulant que les établissements de santé et de services sociaux échappent à la charte, en raison des réserves de certains ministres.

Actuellement, le projet de charte présenté par le gouvernement péquiste prévoit l'interdiction des signes religieux ostentatoires chez tous les employés de l'État. Mais les établissements du réseau de la santé pourraient notamment se prévaloir d'une clause de retrait d'une durée de cinq ans, renouvelable.

Toutefois, il n'a «jamais été question» d'exempter complètement le réseau de la santé et des services sociaux de l'application de la charte, a soutenu M. Drainville, au cours d'un point de presse à l'Université Laval, avant d'aller donner une conférence devant des étudiants.

«Jamais, il n'y a jamais eu de discussions là-dessus. Je ne peux que réitérer le fait que la charte va s'appliquer à l'ensemble des employés de l'État. Je ne sais pas d'où vient cette information-là (selon laquelle on songe à exempter le réseau de la santé). (...) La santé et les services sociaux font partie de la charte, ont toujours fait partie de la charte, et il n'y a pas eu de discussions pour les en exclure.»

Il a ajouté qu'il n'y a aucune division sur cet enjeu entre les différents ministres.

«Je travaille étroitement avec M. Hébert (le ministre de la Santé), avec M. Lisée (le ministre responsable de la Métropole), avec tous les membres du conseil des ministres.»

Tout au plus a-t-il admis qu'il y a des discussions à l'interne, sur le contenu du futur projet de loi, ce qui est normal, selon lui, pour prendre compte de ce que les citoyens expriment.

«Il n'y a pas de dissensions, il n'y a pas de dissensions», a-t-il martelé.

M. Drainville était à l'université pour présenter une conférence sur sa charte devant une centaine d'étudiants, qui lui ont réservé un bon accueil en général.

Il est d'ailleurs revenu sur la proposition de la clause de retrait renouvelable, en réponse à la question d'un étudiant.

«On l'a faite dans la bonne foi. (...) Mais jamais il n'a été question de faire en sorte qu'un très grand nombre d'institutions décident de se servir de cette clause pour se sortir du cadre. L'objectif, c'est de leur donner du temps. Mais au bout du compte, il faut qu'elles restent dans le cadre, il faut qu'elles appliquent la neutralité religieuse.»

Un étudiant a protesté en contestant l'interprétation de la laïcité prônée par le Parti québécois et est sorti de la salle. M. Drainville dressait alors un parallèle entre la laïcisation du système scolaire dans les années 60, entre autres l'abandon du costume religieux pour de nombreux enseignants, et ce nouvel effort de laïcisation incarné par la charte.

«La religion est dans les individus, vous ne pouvez pas l'enlever des individus! a clamé le jeune homme en colère. (...) Ce qui est dommage, c'est de m'avoir formé pendant 20 ans et que je quitte le Québec à cause de votre politique!»

Quand un autre étudiant a remis en doute la constitutionnalité du projet péquiste, M. Drainville a exprimé une pointe d'exaspération. Le gouvernement fédéral a d'ailleurs déjà indiqué qu'il allait examiner le projet de loi péquiste et le contester s'il le fallait.

«J'en ai un petit peu marre de me faire dire: 'les juges, les juges, les juges.' Je respecte leur domaine de compétence. Mais ils ne doivent pas remplacer le Parlement. Et en démocratie c'est au Parlement de voter les lois, alors votons-les.»