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L'Union africaine unie contre la CPI

12/10/2013 05:05 EDT | Actualisé 11/12/2013 05:12 EST

Les pays d'Afrique ont estimé d'un commun accord, vendredi, que les chefs d'État n'avaient pas à être jugés par la Cour pénale internationale (CPI) tant qu'ils sont en exercice, a déclaré le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Tedros Adhanom, au terme d'un conseil des ministres de l'Union africaine.

Les ministres ont également demandé que soient suspendus les poursuites engagées par la CPI contre le président kényan, Uhuru Kenyatta, et son vice-président, William Ruto, a dit le chef de la diplomatie éthiopienne, à l'issue de ce conseil des ministres convoqué pour aborder les relations entre l'UA et la CPI.

Les deux dirigeants kényans sont inculpés pour avoir orchestré une vague de violences à travers le pays après l'élection contestée de 2007, accusations qu'ils rejettent l'un et l'autre. Le procès de William Ruto s'est ouvert en septembre et celui du président kényan doit démarrer le 12 novembre. Tous deux sont accusés de crimes contre l'humanité.

« Nous avons souligné que les chefs d'État en exercice et les gouvernements en place ne devaient pas être poursuivis tant qu'ils sont en fonction », a dit Tedros Adhanom après avoir élaboré des recommandations, que les dirigeants africains devraient entériner, samedi, lors de leur sommet.

La ministre kényane des Affaires étrangères, Amina Mohamed, s'est déclarée satisfaite de l'issue de la réunion d'Addis-Abeba, ajoutant que ne pas poursuivre un président en fonction était « un principe inscrit depuis longtemps » dans le droit international.

« Deux poids, deux mesures »

Le mécontentement a grandi en Afrique envers la CPI, car le seul homme qu'elle ait déclaré coupable à ce jour est un Africain, et parce que toutes les autres personnes qu'elle a inculpées sont aussi des Africains.

Les ministres, dont la réunion a pris fin après minuit, n'ont cependant pas appelé à un retrait massif de la CPI de ses 34 pays signataires africains, idée qui avait été suggérée par certains responsables avant les discussions, mais qui n'a rencontré qu'un faible écho.

« Nous avons rejeté la politique de deux poids, deux mesures, que la CPI applique lorsqu'elle rend la justice internationale », a dit le ministre éthiopien des Affaires étrangères aux délégués présents à Addis-Abeba, en ajoutant que juger le président kényan et son vice-président enfreignait la souveraineté de ce pays.

« Par conséquent, nous avons souligné que les chefs d'État et les gouvernements ne devaient pas être poursuivis tant qu'ils sont en fonction », a répété Tedros Adhanom.

« Exiger le respect est pour l'Afrique la moindre des choses », a dit à Reuters la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo. « Mais je n'aime pas que l'on se méprenne là-dessus, comme nous l'avons vu faire par certains des détracteurs de cette initiative, et que l'on pense que les Africains recherchent l'impunité. Ce n'est pas le cas », a-t-elle souligné.

Reuters

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