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Expertise psychiatrique en cour : le Collège des médecins préoccupé

11/10/2013 08:43 EDT | Actualisé 11/12/2013 05:12 EST

Le Collège des médecins se dit « préoccupé » par l'utilisation actuelle de la médecine d'expertise en cour, où les opinions sont de plus en plus tranchées et chaque camp a son expert. 

Par exemple, un psychiatre a semé la controverse au palais de justice de Québec, jeudi, lorsqu'il a affirmé qu'une victime alléguée d'abus sexuel retournait soir après soir voir son agresseur parce qu'il pouvait y apaiser son anxiété et explorer sa sexualité. Le psychiatre Gérard Leblanc est un expert engagé par la défense dans le procès des pères rédemptoristes.

Le Collège a reçu de nombreuses plaintes à ce sujet, particulièrement ces derniers mois. Il a finalement décidé, l'été dernier, de mettre en place un comité d'experts chargé de trouver des solutions pour mieux encadre la médecine d'expertise, conjointement avec le Barreau du Québec, qui est tout aussi inquiet de la tendance actuelle. 

Le comité, formé de médecins et d'avocats, doit déposer son rapport d'ici l'été 2014.

La marchandisation de l'expertise médicale? 

Le Collège reconnaît que le problème peut s'expliquer en partie par les salaires exorbitants payés aux experts. Selon le Dr Bernard, on peut certainement parler de plusieurs milliers de dollars. « C'est très variable selon la notoriété de chacun, mais je sais que c'est dispendieux d'avoir une expertise au Québec maintenant », dit-il. 

Une solution possible serait que l'expert soit choisi par la défense et la Couronne, d'un commun accord. Mais le Dr Bernard préfère attendre les recommandations du comité avant de s'avancer sur la manière de mieux encadrer la médecine d'expertise.

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