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Le FNC s'ouvre avec «Triptyque» de Robert Lepage et Pedro Pires (PHOTOS)

10/10/2013 11:41 EDT | Actualisé 10/10/2013 11:44 EDT

Ministres, magnats de la presse, directeurs de programmation et gothas artistiques, ils se sont tous bousculés hier soir au cinéma l’Impérial pour célébrer officiellement les débuts du Festival du nouveau cinéma (FNC) avec en ouverture Triptyque signé Robert Lepage et Pedro Pires. Le Huffington Post Québec était présent sur le tapis rouge.

Robert Lepage se reconnaît dans le FNC qui est selon lui un festival qui lui ressemble pleinement. «J’aime cet événement, explique-t-il en entrevue. Je me sens très proche de son public que je considère presque comme mes camarades. Les gens qui y travaillent me ressemblent aussi. Ils n’ont pas peur de l’audace et se portent toujours à la défense d’un cinéma indépendant. Pour toutes ces raisons et bien d’autres, je crois que ce festival est sans doute celui qui ressemble le plus à Montréal».

Triptyque signe le retour remarqué du metteur en scène québécois qui n’était pas revenu à la réalisation depuis La face cachée de la lune en 2003. «Je suis un réalisateur d’occasion. Faire des films, c’est presque comme un passe-temps pour moi. J’avoue trouver les structures de production cinématographique contraignantes. Faire du cinéma au Québec m’a toujours un peu étouffé. Alors, je dois sentir une certaine nécessité, avoir l’impression d’apprendre et de m’amuser tout en réinventant plusieurs règles», dit-il.

Au départ, cela a commencé par un simple projet de court métrage tiré de la pièce de théâtre Lipsynch du même Lepage. «En effet, la pièce originale se déploie en neuf tableaux où l’on suit la quête identitaire de plusieurs personnages. Je me suis focalisé sur Michelle, celle qui souffre de schizophrénie. Je trouvais que son univers sombre et torturé se rapprochait de celui de Pedro Pires. J’ai donc pris cette occasion, car j’avais depuis longtemps l’envie de retrouver à ses côtés», raconte-t-il.

«On est complémentaire, ajoute Pires. L’aspect dramaturgie de Robert le rend plus conceptuel. En ce qui me concerne, je veux faire du cinéma impressionniste et réaliste. Nos deux visions s’imbriquaient parfaitement sur Triptyque qui s’est rapidement transformé en idée de long métrage».

Les deux hommes qui se connaissent bien pour avoir travaillé ensemble sur de nombreux projets ont réussi à apporter à l’œuvre leur propre savoir-faire. «Il y avait peu de négociation ou de diplomatie. La plupart du temps, on était sur la même longueur d’onde. Je sais d’expérience que les coréalisations peuvent parfois tourner au cauchemar. Avec Robert, c’est tout le contraire qui s’est produit. On partage la même vision sur l’art et le cinéma et nos références sont communes», explique Pires.

Triptyque s’intéresse à trois personnages dont les aléas de la vie les poussent à remettre en cause leur place dans la société. On y fait la connaissance de Michelle, Marie et Thomas, chacun traversant une crise existentielle particulière. Lepage le concède d’ailleurs d’emblée. Son film choral n’est pas facile à mettre dans une case. . «Sous ses allures de drame psychologique, Triptyque flirte avec l’humour et la poésie. On a l’habitude que le cinéma nous présente des histoires d’amour consensuelles, mais pas dans ce cas-ci. On a plutôt à faire à une œuvre mature dont les préoccupations demeurent contemporaines. Les thèmes de la voix, la recherche d’identité et la quête spirituelle en sont les pivots. Un film humain en somme», conclut le dramaturge.

Triptyque – Les Films Séville – Drame – 95 minutes – Sortie en salles le 25 octobre 2013 – Canada/Québec.

EN IMAGES:

Le film Triptyque présenté au FNC 2013

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