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Fréquenter un terrain de golf devient plus dangereux pour la santé

10/10/2013 12:21 EDT | Actualisé 10/12/2013 05:12 EST

Les joueurs de golf et les employés d'entretien de terrains ont de plus en plus de risques de contracter une maladie liée aux pesticides, selon un nouveau bilan du ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP).

L'indice de risque sanitaire a augmenté de 12,1 % entre les périodes de référence 2003-2005 et 2009-2011, bien que les terrains de golf du Québec aient réduit de 15,6 % leur consommation de pesticides par rapport à la période 2003-2005.

C'est donc du côté de la composition de ces substances qu'il faut chercher la cause de cette hausse, note le rapport.

Ce constat pousse le ministère à revoir son plan de réduction des pesticides, qui date de 2003. Pour ce faire, le recours à de nouveaux produits ou à des biopesticides pourra être étudié.

Du côté des propriétaires de terrain, on se félicite surtout des progrès accomplis. « On est très fiers de la réduction de l'indice de pression, souligne Bernard Vaillancourt, porte-parole de l'industrie du golf. La conscientisation de l'industrie est présente, et on va accroître notre effort pour travailler en concertation avec le ministère. »

M. Vaillancourt rappelle que les terrains de golf n'utilisent que 1 % des pesticides appliqués sur l'ensemble du territoire québécois.

Des terrains plus gourmands en pesticides que d'autres

Le rapport du MDDEFP souligne également que certains terrains de golf ont une consommation de pesticides bien supérieure aux autres : un peu moins d'une quarantaine d'entre eux, soit 11,9 % des terrains de golf de la province, utilisent près de 48,6 % des quantités appliquées, sur 14,9 % de la superficie totale.

S'il est pour l'instant impossible de savoir qui sont ces gros utilisateurs, la nouvelle mouture de la réglementation pourrait prévoir de rendre publiques les quantités utilisées dans chaque terrain de golf du Québec, selon Sylvain Dion.

L'industrie du golf, quant à elle, explique cette disparité par les spécificités de chaque région et les microclimats, qui peuvent imposer une utilisation plus importante de pesticides.

Un fongicide en cause

Le fongicide chlorothalonil est l'ingrédient actif qui contribue le plus à l'indice de risque sanitaire (27,4%), suivi par un autre fongicide, le propiconazole (21,6%), et l'herbicide 2,4-D (12,4%). Le chlorothalonil est principalement utilisé à la fin de la saison de golf pour effectuer un traitement préventif à la moisissure des neiges.

La quantité de chlorothalonil utilisé sur les verts de la province a augmenté de plus de 50 % entre les périodes de référence 2003-2005 et 2009-2011. À l'inverse, sur la période de référence 2006-2008, une diminution de 13 % de la quantité de chlorothalonil utilisé avait correspondu à un recul de 10,9 % de l'indice de risque sanitaire.

L'indice de risque environnemental, quant à lui, montre une faible diminution de 1 % par rapport à la période 2003-2005.

D'après les informations de Rémy Bourdillon et de Normand Grondin

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