POLITIQUE

La fusion des trois QG de la Défense permettra d'économiser 18 millions $ par an

06/10/2013 04:33 EDT | Actualisé 06/12/2013 05:12 EST
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OTTAWA - La décision de fusionner trois quartiers généraux militaires dans le cadre d'un important exercice de dégraissage budgétaire pourrait entraîner des économies annuelles de 18 millions $.

Il est toutefois impossible de savoir, pour l'instant, quelles en seront les conséquences finales sur la Défense nationale.

Voilà un an que la fusion a eu lieu et que le commandement unifié a été créé.

Le lieutenant-général Stuart Beare, qui est en charge des quartiers généraux combinés, affirme qu'en comparaison avec les trois commandements ayant été remplacés, la nouvelle organisation a permis au ministère d'économiser environ 25 pour cent.

La fusion était l'une des principales recommandations effectuées il y a deux ans par le lieutenant-général à la retraite Andrew Leslie, qui désirait réduire la taille des importants quartiers généraux à Ottawa qui ont pris de l'ampleur lors de la guerre en Afghanistan.

En entrevue avec La Presse Canadienne, M. Beare a indiqué que la nouvelle organisation est moins vaste, avec environ 500 employés militaires et civils, en baisse par rapport aux 675 personnes nécessaires pour faire fonctionner les trois structures précédentes.

Les indicateurs financiers sont le premier véritable aperçu de la façon dont le ministère de la Défense, qui est le plus important poste budgétaire discrétionnaire à l'échelle fédérale, agit pour réduire ses dépenses totales d'environ 2,5 milliards $.

Les compressions devraient être complétées d'ici 2014-2015.

Lors de la fusion, le Commandement de la Force expéditionnaire du Canada, le Commandement Canada, et le Commandement du soutien opérationnel du Canada ont été combinés pour former le Commandement des opérations interarmées du Canada.

Les commentaires du lieutenant-général Beare surviennent avant une annonce prévue lundi lors de laquelle le gouvernement Harper devrait dévoiler ce que des sources décrivent comme un nouveau plan pour la Défense.

Selon M. Beare, la réorganisation est un succès, mais il a remis en question l'importance des économies, choisissant plutôt de parler de gains d'efficacité.

«Ce n'est pas une question de chiffres, c'est une question de mission, a-t-il dit. Nous avons effectué toutes ces modifications sans prendre du retard à l'échelle nationale, et sans non plus trébucher dans les fleurs du tapis sur la scène internationale et en termes d'opérations en cour, alors que nous nous adaptons au monde qui change tout autour de nous.»

«Nous ne sommes désormais plus en concurrence pour les mêmes ressources.»

Le gouvernement Harper s'est jusqu'à maintenant engagé à conserver à environ 68 000 le nombre de soldats à plein temps, ce qui signifie que les gens ayant perdu leur poste au sein des quartiers généraux ont été réassignés.

Le rapport du général Leslie recommandait que ces personnes soient envoyées dans les unités de première ligne, et non pas dans d'autres structures de commandement.

Au dire de l'expert en défense Dave Perry, conserver un nombre fixe de militaires sera difficile dans le contexte des compressions, d'autant plus qu'Ottawa ne semble pas ouvert à l'idée de réduire ses capacités aériennes ou navales.