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Une heure de réconfort

03/10/2013 03:37 EDT | Actualisé 02/12/2013 05:12 EST

LAC-MÉGANTIC - Quand la population d'une ville de 5932 habitants parvient à remplir un aréna de 1300 places, c'est signe qu'il se passe un événement important.

Au plan purement sportif, l'entraînement de jeudi du Canadien en était un comme les autres, un comme ils en tient des dizaines par saison. Mais quand il a lieu devant une population qui a vécu l'enfer trois mois plus tôt, c'est différent.

C'est donc dans un Centre sportif Mégantic bondé que le Tricolore s'est exercé. Des gens de tous les milieux, toutes les générations. On a même aperçu des groupes d'écoliers accompagnés de leur professeur marcher vers l'aréna.

« C'est presque un rêve pour toute la communauté régionale d'accueillir le Canadien à Lac-Mégantic. On en est ravis, fiers, je manque de mots pour vous exprimer tout notre contentement! », s'est exclamée Colette Roy-Laroche, la populaire mairesse du village des Cantons de l'Est, quelques minutes après avoir fait signer à Geoff Molson et à Marc Bergevin le livre d'or de l'endroit.

Revivre les événements

Le choc est grand pour ceux qui n'ont jamais mis les pieds à Lac-Mégantic depuis le 6 juillet. L'arrivée à Nantes, là où les incidents ont commencé, le relief descendant, les multiples croisements du chemin de fer... Les douloureux rappels du tragique accident de train sont partout.

« C'était tranquille dans l'autobus, a raconté Travis Moen. Les joueurs ne pouvaient pas croire l'étendue des dommages. C'est l'équivalent de sept terrains de football de débris. »

« Cinq-dix minutes avant d'arriver, l'autobus descendait la côte, j'avais un petit feeling personnel, a raconté le défenseur Francis Bouillon. En tant que Québécois, j'ai vu les événements aux nouvelles. J'avais hâte de voir de mes yeux et c'est quelque chose. Mais on est bien accueillis. Pour nous, ce n'est rien de venir ici. Et les gens veulent se changer les idées et avoir le sourire au visage. »

Une fois au centre du village, l'immense chantier de construction rappelle que la vie reprend son cours.

« C'est ma première visite, a avoué Molson. En descendant la côte, ça m'a rendu triste pour toutes les familles touchées. Mais ça m'encourage de voir les travaux et que Lac-Mégantic commence à rebâtir. »

Trois absents

La vie reprenait aussi son cours pour les joueurs du Canadien une fois sur la patinoire. Trois joueurs manquaient à l'appel, avec pour résultat que seulement 11 attaquants ont participé à l'exercice.

Outre George Parros, toujours incommodé par une commotion cérébrale subie mardi, Max Pacioretty a également raté la séance pour recevoir des traitements thérapeutiques. Le meilleur pointeur du Tricolore de la saison dernière a semblé se blesser au haut du corps lors de l'affrontement de mardi. Il était tout de même revenu au jeu au deuxième vingt, après avoir raté la fin de la première période.

Brandon Prust n'a pas fait le voyage pour des raisons familiales.

Parros, lui, prend visiblement du mieux, puisqu'il s'est rendu au centre d'entraînement de l'équipe à Brossard mercredi. Mais son absence quasi assurée samedi contre les Flyers ouvrira la porte à Michaël Bournival ou à Ryan White pour un premier match cette saison.

« Quand j'ai gagné ma place dans l'équipe, je voulais être prêt, quoi qu'il arrive. Que je joue ou non, je veux me tenir en forme. Je me sens prêt », a dit Bournival.

Molson coi

Parlant de Parros, Molson a été avare de commentaires au sujet du grave incident de mardi.

Mercredi, les directeurs généraux Steve Yzerman, Ray Shero et Jim Rutherford ont mentionné au réseau TSN que de tels incidents devraient entraîner une réflexion sur la pertinence des bagarres dans la Ligue nationale.

« Ce n'est pas la première fois que des gens s'expriment publiquement. Mon approche n'est pas de parler du sujet au public. La sécurité des joueurs est très importante. Je fais confiance aux responsables de la Ligue nationale.

« Je suis sûr que la LNH prend tous ces événements au sérieux pour maximiser la sécurité des joueurs », a ajouté le propriétaire du Canadien.

Si Molson avait publiquement dénoncé les coups à la tête après la blessure à Pacioretty il y a deux ans, il n'a pas voulu se lancer dans une autre croisade.

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