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Loto-Québec dénonce un méga tournoi de poker à Kahnawake

02/10/2013 10:27 EDT | Actualisé 02/12/2013 05:12 EST

Loto-Québec dénonce la tenue d'un tournoi de poker international « illégal » dans la réserve de Kahnawake, sur la Rive-Sud. La société d'État rappelle qu'en vertu du Code criminel canadien, elle est la seule autorisée à organiser ce genre d'événement dans la province. Il s'agirait du plus grand tournoi de poker jamais organisé au Canada.

Un texte de Thomas Gerbet

Le tournoi offre 1,5 million de dollars de gains et rassemble 1625 joueurs venus de partout dans le monde, répartis sur près de 150 tables. « Un nouveau record canadien pour le nombre de participants », se vante la compagnie Full Tilt Poker qui organise l'événement au casino Playground Poker. Son directeur canadien, Geoff Fardy, assure dans un communiqué que « le Québec est le foyer du poker ».

Loto-Québec est loin de se réjouir de l'ampleur de l'événement. « En vertu de la loi, Loto-Québec est la seule autorisée au Québec à opérer des jeux de hasard et d'argent », rappelle la porte-parole, Marie-Claude Rivet. « On est au Québec, on est au Canada, il faut respecter les lois du pays ». Selon elle, Loto-Québec avait les moyens d'organiser un tel tournoi au casino de Lac-Leamy ou celui de Montréal. 

De grands joueurs comme le champion Jonathan Duhamel, de Boucherville, et Marc-Étienne McLaughlin, de Saint-Jean-sur-Richelieu, sont présents à Kahnawake pour prendre part au tournoi qui se terminera dans la nuit de jeudi à vendredi. Le droit d'entrée pour jouer est de 1100 $. Selon Loto-Québec, les joueurs sont également dans l'illégalité.

« C'est aux Peacekeepers d'intervenir, mais on ne peut pas leur dire quoi faire », se désole Marie-Claude Rivet. Le sergent de la Sûreté du Québec Ronald McInnis confirme : « C'est aux autorités locales autochtones, les Peacekeepers, d'appliquer le Code criminel sur leur territoire ». La police provinciale n'intervient pas dans la première nation, à moins que les Peacekeepers lui demandent son assistance, surtout en matière de crimes majeurs ou dans le cadre d'enquêtes indépendantes.

« Nous avons nos propres lois sur le jeu », clame le porte-parole du conseil de bande mohawk, Joe Delaronde, tout en assurant que le Code criminel est respecté sur le territoire de la réserve. Il condamne les accusations de Loto-Québec. Les organisateurs du tournoi, de même que les propriétaires du casino ont refusé d'accorder une entrevue à Radio-Canada.

Les casinos ne font pas l'unanimité à Kahnawake

Ce n'est pas la première fois que le casino Playground Poker fait les manchettes. En avril, une porte-parole de Loto-Québec a été licenciée parce qu'elle y a été vue en train de participer à un tournoi de poker. En février, des joueurs du Canadien ont également participé à un tournoi à Kahnawake.

La communauté autochtone s'est récemment déchirée concernant un projet de construction d'un casino géant sur le terrain cédé par Québec en bordure de l'autoroute 30. Les opposants ont réussi à bloquer le projet lors d'un référendum au résultat très serré.

Quatre casinos sont autorisés par la Kahnawake Gaming Commission : le VIP Poker, le Snake's Poker Club, le Stardust Poker Mansion et le Playground Poker.

En 1996, la Sûreté du Québec avait arrêté quatre tenanciers d'un casino illicite de Kahnawake. Les accusés se trouvaient dans un motel tout près des limites de la réserve. Le casino, lui, avait quand même poursuivi ses activités.

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