NOUVELLES

De nouvelles armes contre les moustiques pour bientôt?

02/10/2013 02:15 EDT | Actualisé 01/12/2013 05:12 EST

Les récepteurs olfactifs des insectes sensibles au DEET ont été identifiés par des chercheurs américains.

Le DEET, ou diéthyltoluamide, est un composé chimique utilisé contre les moustiques introduit à la fin des années 40 par l'armée américaine.

Il est présent dans de nombreux produits actuellement sur le marché qui repoussent les insectes.

La science n'avait pas encore trouvé les récepteurs olfactifs utilisés par les insectes pour éviter le DEET. Pour le faire, l'entomologiste Anandasankar Ray et ses collègues de l'Université de Californie ont examiné systématiquement tous les récepteurs sensoriels de l'insecte.

Leur modèle : une drosophile, ou mouche du vinaigre, génétiquement modifiée de façon à ce que les neurones activés par le DEET s'illuminent en vert fluorescent.

L'équipe américaine a ainsi pu établir que les récepteurs impliqués dans la réaction au DEET, appelés Ir40a, tapissaient l'intérieur d'une région peu étudiée de l'antenne de l'insecte appelée le sacculus.

Elle a aussi déjà identifié de nouveaux composés qui agissent sur les mêmes récepteurs et qui pourraient un jour servir de substitut au DEET.

Plusieurs inconvénients sont associés au DEET, malgré sa grande efficacité :

  • Il peut dissoudre les plastiques et les tissus synthétiques. Il endommage donc les cadrans de montres ou branches de lunettes
  • Il est soupçonné de neurotoxicité chez les mammifères
  • Les moustiques auraient tendance à développer une accoutumance
  • Il est trop coûteux pour être utilisé dans des régions pauvres

Les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Nature ont testé huit substituts potentiels au DEET, qui se sont avérés fortement répulsifs sur les mouches. Quatre d'entre eux ont aussi montré leur efficacité sur le moustique-tigre (Aedes albopictus), une espèce capable de transmettre des maladies telles que la dengue et le chikungunya.

Fait intéressant : trois d'entre eux sont des agents de saveur et de parfum déjà autorisés par l'Agence américaine des produits alimentaires et des médicaments (FDA) comme additifs alimentaires.

Ils sont donc très sûrs pour l'homme et ne dissolvent pas le plastique.

L'objectif des chercheurs est de mettre au point un répulsif suffisamment abordable pour être utilisé pour la prévention en Afrique, en Asie, en Amérique latine, des régions du monde qui souffrent énormément de maladies transmises par les moustiques et autres insectes et où le DEET n'est pas utilisé parce que trop cher.

PLUS:rc