DIVERTISSEMENT

50 ans de carrière : François Dompierre célébré par ses amis

02/10/2013 03:22 EDT | Actualisé 02/12/2013 05:12 EST
Espace Musique

À lui seul, François Dompierre a, entre autres, composé la musique d’une soixantaine de films et de séries télévisées, créé des comédies musicales, imaginé des airs pour quelques-uns de nos plus grands chanteurs et pour lui-même, mené des orchestres, fait paraître des albums et animé à la radio. Ses 50 ans de carrière ont été soulignés, lundi, avec un spectacle-hommage organisé par la chaîne Espace musique et où étaient réunis, sur la scène de l’Astral, plusieurs de ses amis et collaborateurs de longue date.

Les auditeurs pourront revivre cette soirée remplie d’émotions le dimanche 20 octobre prochain, à 12h, à l’émission Les détours de Dompierre, animée par le jubilaire lui-même. Assis dans la salle pendant le gentil bien cuit, François Dompierre ignorait tout des surprises qu’on lui réservait et ne s’est pas gêné pour réagir haut et fort, avec beaucoup d’humour, aux prestations de ses proches.

50 ans de musique marquante

Les deux hôtes, Rémy Girard et Françoise Davoine, ont ouvert la fête avec une adaptation toute personnelle d’On est six millions, faut se parler, que Dompierre avait composée pour la publicité de Labatt 50, dans les années 1970, devenue pour l’occasion 50 ans de carrière, faut se parler. Ensuite, Alain Lefèvre a joué au piano les Préludes de Dompierre et le Concerto de Ravel, Pierre Verville a interprété Les bonbons et Reviens vers moi, en entrecoupant ses prestations d’imitations de Michel Legrand et Michel Tremblay, Kathleen Fortin a offert un medley «cinéma» comprenant notamment des titres de Les portes tournantes, Cher Olivier, C’t’à ton tour Laura Cadieux, Bonheur d’occasion, Le matou et Le déclin de l’empire américain, et le jeune pianiste Stéphane Tétreault a livré la Suite no 1 de Bach.

Une atmosphère très douce s’est installée lorsque Catherine Major, la nièce de François Dompierre, et Louise Forestier se sont amenées pour entonner en tandem La saisie. Major s’était quelques minutes auparavant commise sur Notre sentier, et Forestier a fait rire la foule en reprenant à plusieurs reprises les premiers accords de Demain matin, Montréal m’attend. Suzanne Lévesque est venue adresser un clin d’œil à son complice de longue date, de même que le violoniste Philippe Dunnigan. Des témoignages d’artistes comme Monique Leyrac, Jean Echenoz et la défunte Pauline Julien ont également été projetés sur vidéo. Et c’est d’ailleurs en partie pour raviver le souvenir de Pauline Julien, décédée le 1er octobre 1998, que tous se sont rassemblés, à la fin, pour exécuter en chœur une vibrante version de L’âme à la tendresse, une conclusion fort touchante.

Un incontournable

C’est à Françoise Davoine qu’on doit l’idée de cet événement spécial consacré à François Dompierre. La tête d’affiche d’Espace musique connaît le musicien depuis plus de 40 ans, alors qu’adolescente, elle passait tous ses étés dans une famille de Charlevoix, où François Dompierre s’arrêtait régulièrement. Elle l’a retrouvé plusieurs années plus tard dans les coulisses du monde radiophonique et éprouve toujours pour lui une vive admiration.

«Je tenais beaucoup à ce qu’on fasse quelque chose pour ses 50 ans de carrière, a-t-elle expliqué. Très peu de gens sont aussi rassembleurs que lui. Il nous a apporté une grande ouverture en travaillant avec des gens très différents, en touchant à différents styles. Il incarne la rencontre entre tous les univers possibles. Et c’est toujours le même gars. Il ne change pas. La vie est toujours belle pour lui!»

Le principal intéressé, quant à lui, manquait de mots pour exprimer sa joie à la tombée du rideau.

«J’ai eu de belles surprises, et il faudrait vraiment être difficile pour ne pas les apprécier, a-t-il spécifié, entre deux poignées de mains et accolades de ses camarades. C’était extraordinaire. Au début, j’avais l’impression que ce n’était pas de moi qu’on parlait (rires). Je me rends compte que j’ai fait beaucoup de choses, en 50 ans.»

Leur hommage à François Dompierre

Alain Lefèvre : «Il a énormément apporté à la culture québécoise. En musique classique, il a ouvert des portes à tous les musiciens canadiens. C’est un homme d’un extrême raffinement, un grand monsieur.»

Rémy Girard : «Je l’ai connu grâce au Déclin de l’empire américain, dont il a signé la musique. Ce qu’il nous laisse, c’est immense. Il a fait quelque 60 films et téléséries. Et il n’a jamais eu peur de casser les styles.»

Pierre Verville : «Ce gars est une machine, un musicien formidable. C’est un touche-à-tout, un infatigable personnage, qui organise des voyages de marche, qui cuisine… C’est un érudit à la curiosité contagieuse.»

Kathleen Fortin : «J’ai beaucoup d’admiration pour son travail, pour ses mélodies, que je trouve fines, intelligentes, grandioses. Il écrit de façon à ce que ses morceaux soient accessibles à tout le monde. Son univers musical fait un peu partie de l’inconscient collectif.»

Catherine Major : «François Dompierre est mon oncle, c’est le frère de ma mère. Je ne l’ai pas côtoyé beaucoup dans ma jeunesse, mais je me souviens que j’étais impressionnée quand j’allais dans son studio. Selon moi, c’est un des plus grands auteurs-compositeurs québécois. C’est un compositeur accompli, quelqu’un de très polyvalent, qui n’a jamais été à l’avant-scène, mais qui laisse un héritage énorme.»

Pour plus d’informations sur le spectacle-hommage à François Dompierre et sur sa diffusion à la radio le 20 octobre, cliquez ici.