POLITIQUE

Les hôpitaux ne veulent pas interdire les signes religieux ostentatoires

01/10/2013 06:38 EDT | Actualisé 01/12/2013 05:12 EST
Radio-Canada

Une autre voix s'élève pour contester le projet de charte des valeurs québécoises, celle de l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), qui demande au gouvernement Marois de ne pas interdire le port de signes religieux ostentatoires aux employés du réseau de la santé.

L'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux regroupe 125 établissements tels que :

  • les centres de santé et de services sociaux (CSSS);
  • les centres hospitaliers universitaires;
  • les centres hospitaliers affiliés;
  • des CHSLD à vocation unique.

L'AQESSS demande au gouvernement de ne pas assujettir les établissements de santé et de services sociaux à l'interdiction du port de signes religieux ostentatoires par les personnes œuvrant dans les établissements.

Interdire les signes religieux ostentatoires accentuera l'actuelle pénurie de main-d'oeuvre, craint l'AQESSS.

À la lumière d'un sondage mené auprès de ses membres, l'Association a conclu qu'il n'y avait pas de problèmes significatifs liés au port de signes religieux dans ses établissements.

Ainsi, 100 % des établissements ayant répondu au sondage disent n'avoir connu aucun problème significatif lié au port de signes religieux ostentatoires. Aucune plainte n'a jamais été enregistrée à cet effet.

De tous les établissements, 48 % d'entre eux comptent des employés portant de tels signes. De ce nombre d'établissements, seulement 3 % disent que cette situation a causé des difficultés dans les rapports avec la clientèle.

Mais l'AQESSS craint que le projet gouvernemental de charte, en particulier l'orientation sur le port de signes religieux ostentatoires, n'entraîne des problèmes de recrutement et de rétention du personnel qualifié, au sein des établissements de santé et de services sociaux.

« On a des néo-Québécois nés ici, qui ont étudié ici, qui sont médecins, qui sont infirmières dans nos établissements depuis cinq, dix, quinze, vingt ans. D'autres, venus d'ailleurs et dans nos établissements depuis autant d'années, offrent des services de grande qualité à la population du Québec. On ne voudrait pas, par obligation de faire respecter une loi, en arriver à devoir imposer des mesures disciplinaires, advenant le refus de ces gens-là de se départir de leurs signes ostentatoires. » -- Diane Lavallée, directrice générale de l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux

À la suite de cette enquête, l'AQESSS affirme qu'elle « se montre favorable à l'établissement de balises telles l'égalité entre les hommes et les femmes, le respect des droits d'autrui, la santé et la sécurité des personnes et l'absence de contraintes excessives ».

Ces balises, explique encore l'Association, correspondent aux pratiques déjà en place dans les établissements.

74 établissements sur 125 ont répondu au sondage qui a été effectué entre le 19 et le 25 septembre dernier.

D'après les informations de Marie-France Abastado

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