POLITIQUE

Gilles Taillon était au courant des irrégularités à l'ADQ

01/10/2013 09:09 EDT | Actualisé 01/12/2013 05:12 EST
PC

Le successeur de Mario Dumont à la tête de l'Action démocratique du Québec, Gilles Taillon, avait été mis au courant par des membres de son parti, en 2009, qu'il y avait du financement occulte à l'ADQ.

Mario Dumont et son ex-responsable du financement, le sénateur conservateur Léo Housakos, ont nié catégoriquement avoir participé à un système illégal de prête-noms en 2007 et 2008, à l'époque où l'ADQ de Mario Dumont avait le vent dans les voiles et rêvait au pouvoir.

L'ex-entrepreneur Lino Zambito admet non seulement avoir eu recours à des prête-noms pour financer l'ADQ, mais affirme qu'un proche du parti lui aurait demandé en 2007 de débourser illégalement la moitié du prix de location d'une salle du restaurant l'Unique, à Laval.

Une salle utilisée pour une soirée de financement où une trentaine de personnes issues du milieu des affaires étaient venues entendre Mario Dumont.

« Donc on avait payé la facture pour le groupe qui était la moitié, la moitié d'environ 2500 $ », précise Lino Zambito.

Mario Dumont et Léo Housakos se défendent aujourd'hui d'avoir permis que l'ADQ se finance de façon illégale.

Mais le successeur de M. Dumont, Gilles Taillon, affirme que des membres du défunt parti l'avaient mis au courant en 2009 du financement occulte à l'ADQ.

« Il y a eu des cas où l'on sait qu'il y a des personnes qui ont contribué qui n'avaient pas les moyens. On pense qu'il y a des firmes qui ont donné de l'argent à des gens, donc à des prête-noms », affirme M. Taillon.

Gilles Taillon, qui ne sera chef que durant un mois, ne voulait plus du sénateur conservateur, Léo Housakos, comme responsable du financement de l'ADQ. « Je veux un parti autonome au Québec, et non, on ne travaillera pas avec M. Housakos », avait-il affirmé à l'époque.

Léo Housakos n'a pas aimé se faire montrer la porte et a alors suggéré à Gilles Taillon qu'il n'était pas l'homme de la situation.

« Ce que j'ai senti, c'est qu'il souhaitait que je ne sois pas là. [...] Je pense qu'il m'a passé un message. Moi, je ne l'ai pas entendu, mais je ne l'ai pas assumé. Je me suis dit : "Je fais mon affaire, je fais mon travail, je me présente" », a-t-il expliqué.

Avant de quitter le parti, Gilles Taillon a rencontré les policiers de la Sûreté du Québec pour leur faire part d'irrégularités à l'ADQ.

« J'ai constaté des choses. J'ai des interrogations, je ne suis pas un enquêteur, je ne suis pas en mesure de le prouver. Je vais rencontrer la Sûreté du Québec pour leur faire part de ces éléments », mentionne-t-il.

La Sûreté du Québec a transféré le dossier à l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Gilles Taillon ignore par ailleurs si Mario Dumont connaissait l'existence de financement illégal dans sa propre formation politique.

D'après le reportage de Christian Latreille

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