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Sables bitumineux: Greenpeace et l'AQLPA s'inquiètent pour l'air du Québec

30/09/2013 04:05 EDT | Actualisé 30/11/2013 05:12 EST
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FORT MCMURRAY, ALBERTA, CANADA - NOVEMBER 2008: Once the oil is extracted from the tar sand, the remains travel through a pipe to a tailing pond. The tailing ponds are highly criticised by enviromentalists because they contain many toxic products which are very dangerous. Pictured here is one of Syncrude Canada Ltd's tailing ponds. Tar sands, or oil sands, are very dense and contain a form of petroleum The world's largest reserves of tar sands in Canada and Venezuela. Tar sands could equate to approximately two thirds of the total global petroleum resource. Until recently it was financially not viable to extract the oil from the sands, but new technology and rising oil prices have now made it viable. (Photo by Veronqiue de Viguerie/Getty Images)

MONTRÉAL - Déjà précaire, la qualité de l'air de l'ensemble du sud du Québec pourrait être menacée si les projets de pipeline d'Enbridge et de TransCanada visant à acheminer du pétrole des sables bitumineux de l'Alberta vers le Québec devaient se réaliser.

C'est le constat dressé par un rapport rédigé conjointement par Greenpeace et l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQPLA) dont les conclusions ont été dévoilées lundi.

Le document avance que le raffinage lourd des sables bitumineux entraînerait le rejet en plus grande quantité de polluants atmosphériques, dont le monoxyde de carbone, les composés organiques volatils et le benzène.

En entrevue, le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin, a rappelé que cette situation ne ferait qu'augmenter le problème de la qualité de l'air dans la région métropolitaine ainsi qu'à Québec.

Selon lui, les frais de santé liés à la mauvaise qualité de l'air ont été estimés à 2 milliards $ en 2008 et le raffinage de pétrole lourd contribuerait à pousser ce montant à la hausse.

«On a déjà près de 2000 personnes qui meurent prématurément au Québec en raison de la mauvaise qualité de l'air, martèle-t-il. C'est nécessaire d'améliorer la qualité de l'air et non aller dans une direction inverse.»

M. Bonin craint également que le projet d'inversion du flux de l'oléoduc d'Enbridge ne provoque une augmentation du coke de pétrole, un résidu du raffinage.

«C'est du pétrole que les raffineries ne sont pas en mesure de raffiner pour envoyer dans les véhicules, par exemple», explique le porte-parole de Greenpeace.

Ce dernier rappelle que cette poudre toxique est utilisée par les cimenteries et par les gros consommateurs industriels pour être brûlée afin de produire de la chaleur et de l'énergie.

«Les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont comparables au charbon, sinon pire», estime M. Bonin.

Le rapport de l'AQLPA et de Greenpeace prévient qu'un projet de cimenterie à Port Daniel, en Gaspésie, pourrait devenir le plus gros four à pétrole de coke de la province, voir en Amérique du Nord.

Selon le document, intitulé «Ce que vous devez savoir sur la venue du pétrole de l'Ouest vers le Québec mais que les pétrolières préfèrent que vous ne sachiez pas», ce projet pourrait faire augmenter les émissions de GES de 700 000 à 2 millions de tonnes.

Au total, en passant d'un pétrole léger à un pétrole lourd des sables bitumineux dans les raffineries du Québec, les émissions de GES pourraient tripler, estiment les deux organismes.

Le rapport souligne qu'entre 15 et 30 pour cent d'un baril de pétrole des sables bitumineux devient du résidu, ce qui est beaucoup plus que pour un baril de pétrole conventionnel.

Greenpeace et l'AQLPA formulent trois recommandations au gouvernement Marois, dont de mener une «véritable évaluation environnementale du projet d'Enbridge, incluant toutes les facettes de son projet».

Parmi les autres conclusions du document, les deux organismes soulignent que le transport de pétrole bitumineux par oléoduc comporte des risques puisqu'il est plus corrosif, ce qui pourrait notamment endommager l'oléoduc d'Enbridge, vieux de 38 ans.

En inversant la ligne 9B de son oléoduc, Enbridge souhaite acheminer quelque 300 000 barils de pétrole par jour au Québec. De son côté, le projet de TransCanada vise le transit quotidien de 1,1 million de barils vers l'Est du Canada.

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