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Les cas d'automutilation des détenus ont triplé depuis la mort d'Ashley Smith

30/09/2013 05:17 EDT | Actualisé 30/11/2013 05:12 EST

Les blessures d'automutilation ont triplé dans les établissements carcéraux fédéraux depuis que la jeune Ashley Smith s'est étouffée dans sa cellule en 2007.

Selon un rapport du Bureau de l'enquêteur correctionnel, 901 incidents du genre impliquant 264 détenus ont été répertoriés en 2012-2013. Près de 45 % des cas d'automutilation sont commis par des détenues autochtones.

Dans ses conclusions, le rapport indique que « les prisons sont mal équipées pour gérer de façon sécuritaire et appropriée les besoins complexes en santé mentale des délinquantes sous responsabilité fédérale ».

Il souligne que « la gestion des incidents liés à l'automutilation a tendance à provoquer une intervention axée sur la sécurité ou les mesures punitives, c'est-à-dire le confinement ou l'isolement [clinique ou administratif]. De telles interventions aggravent souvent la fréquence et la gravité des incidents liés à l'automutilation ».

« Les premiers intervenants sont souvent des agents correctionnels et ils vont appliquer une mesure de sécurité ou de contrôle. Les traitements en santé mentale sont soit absent ou ils arrivent en second lieu », affirme la directrice des enquêtes correctionnelles, Marie-France Kingsley.

Le rapport relève aussi que « les interventions sécuritaires ou adaptées à la culture sont insuffisantes pour faire face aux délinquantes d'origine autochtone qui s'infligent des blessures ».

Le rapport recommande aux autorités du système carcéral de cesser de placer les détenus à risque en isolement cellulaire et de prioriser les transferts dans des institutions psychiatriques.

Le Bureau de l'enquêteur correctionnel recommande aussi de « nommer un défenseur des droits des patients indépendant ou un coordonnateur de la qualité des soins dans chacun des cinq centres de traitement régionaux, y compris à l'Unité Churchill et au Centre psychiatrique régional des Prairies ».

Le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Steven Blaney, a réagi positivement au rapport, estimant qu'il encourage le gouvernement « à continuer à mettre en œuvre notre stratégie en matière de santé mentale pour les détenus. Nous croyons que les prisons ne sont pas le lieu approprié pour traiter les personnes atteintes de maladie mentale grave ».

Mais la porte-parole adjointe de l'opposition officielle en matière de sécurité publique, Rosane Doré-Lefebvre, montre du doigt les compressions de 300 millions de dollars du gouvernement Harper dans les services correctionnels. « On décide plutôt de les enfermer sans s'en occuper et de les relâcher sans réinsertion adéquate », dit la députée du Nouveau Parti démocratique.

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