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Financement illégal à l'ex-ADQ de Mario Dumont

30/09/2013 05:02 EDT | Actualisé 29/11/2013 05:12 EST

Une enquête menée par CBC/Radio-Canada révèle que l'ancien chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, a rencontré en privé, en 2008, des entrepreneurs qui auraient financé son ex-parti politique illégalement.

Le sénateur conservateur Léo Housakos, qui était un des responsables du financement de l'ADQ et des conservateurs de Stephen Harper, au Québec, a approché un de ces entrepreneurs pour qu'il finance l'ADQ.

Mario Dumont s'est longtemps vanté de vouloir faire de la politique autrement, notamment lors de la campagne électorale de 2007 qui a permis à son ex-parti de former l'opposition officielle à l'Assemblée nationale.

Mais l'enquête de CBC/Radio-Canada démontre que l'ADQ utilisait les mêmes techniques que les vieux partis pour se financer.

L'entrepreneur Lino Zambito, l'une des vedettes de la commission Charbonneau, admet aujourd'hui avoir financé l'ADQ à l'aide du système illégal des prêtes-noms.

« On allait voir nos employés, on allait voir notre famille; on leur demandait un chèque et ces gens-là, on les remboursait », a-t-il affirmé.

En 2008, c'est Léo Housakos, aujourd'hui sénateur conservateur, qui aurait demandé à Lino Zambito d'aider financièrement le parti de Mario Dumont.

M. Housakos a collecté des fonds pour les conservateurs de Stephen Harper et l'ex-Action démocratique de Mario Dumont.

« C'était plus de donner un coup de main à M. Housakas qui était encore dans l'ADQ. Il avait des liens au fédéral; il était aussi bien placé au niveau de la Ville de Montréal », a poursuivi M. Zambito.

Et donner un coup de main à Léo Housakos donnait aussi accès au chef de l'ADQ au club privé Mont-Royal.

« Il y avait des soupers intimes qui se faisaient avec quatre à six entrepreneurs avec M. Dumont, pis [sic] M. Housakos était là. C'était un souper de deux à trois heures et on avait la chance d'échanger presque en tête-à-tête avec M. Dumont », a indiqué M. Zambito.

Des entrepreneurs qui attendaient tous un retour d'ascenseur de l'ADQ.

Lino Zambito affirme que Mario Dumont ne pouvait ignorer que son parti était financé illégalement. Est-ce que l'ex-chef de l'ADQ savait que M. Housakos faisait du financement illégal? « Absolument, absolument! », a répondu M. Zambito.

Mario Dumont et Léo Housakos ont refusé de parler devant la caméra. Ils nient tous les deux avoir agi de façon illégale.

La commission Charbonneau a choisi de ne pas parler du financement illégal à l'ADQ. C'est le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) qui mène une enquête sur des dons illégaux d'au moins 800 000 $ à l'ex-ADQ.

D'après le reportage de Christian Latreille

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