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Aide sociale versée en double: les prestataires craignent les mesures de recouvrement

30/09/2013 04:01 EDT | Actualisé 30/11/2013 05:12 EST
Getty

QUÉBEC - Les assistés sociaux redoutent les mesures de recouvrement que pourrait entreprendre Québec après avoir émis en double un nombre indéterminé _ vraisemblablement des milliers _ de chèques d'aide financière de dernier recours.

Le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale a fait savoir lundi soir qu'environ 4000 chèques ont été envoyés en double pour le mois d'octobre. De ce nombre, plus de 30 pour cent ont été retournés.

D'après les explications fournies, l'erreur est survenue après la réimpression de chèques qui ne répondaient pas aux standards de qualité. Revenu Québec avait reçu comme instruction de détruire les versions précédentes mais cela n'a pas été fait, selon un porte-parole du ministère, David McKeown.

Le ministère a précisé que puisque les doublons portent le même numéro que le chèque original, il n'est pas possible de les encaisser tous les deux dans le même compte d'une même institution financière.

Au Québec, environ 60 000 bénéficiaires reçoivent leur prestation par chèque _ l'immense majorité opte pour le dépôt direct _ pour une cagnotte totale de 30 millions $ par mois.

La porte-parole du Front commun des personnes assistées sociales, Amélie Châteauneuf, ne savait pas non plus lundi combien de chèques avaient été encaissés en double, mais elle a dit craindre les recours que pourraient intenter le ministère de la Solidarité sociale pour recouvrer les sommes versées en trop.

À son avis, de nombreuses personnes ont pu encaisser les deux chèques de bonne foi en pensant qu'il s'agissait tout bonnement d'une hausse de leur prestation. Ces prestataires parmi les plus démunis risquent de se retrouver en sérieuses difficultés si l'État leur exige un remboursement, a soutenu Mme Châteauneuf.

«Ils ont pu payer des dettes pour des services essentiels comme Hydro-Québec, que plusieurs personnes à l'aide sociale peinent à payer car elles ont déjà de la misère à manger et à se loger. Si une personne paie une dette qu'elle avait pour des services essentiels et qu'elle se fait dire ensuite que l'argent ne lui était pas dû, cela peut lui causer de gros problèmes pour combler ses besoins essentiels dans le futur», a-t-elle estimé.

La ministre de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, n'a pas accordé d'entrevue sur le sujet, lundi, mais la porte-parole de l'opposition libérale dans ce dossier, Karine Vallières, a invité le gouvernement à agir prestement pour récupérer l'argent.

«Je comprends que ce sont des gens dans le besoin, mais l'État aussi est dans le besoin», a illustré la députée de Richmond.

«Est-ce que le Québec a la capacité de perdre des millions? Tout ça va nous coûter très cher», a-t-elle ajouté.

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