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Michael Ignatieff admet s'être lancé en politique par ambition

28/09/2013 01:05 EDT | Actualisé 27/11/2013 05:12 EST

Michael Ignatieff avoue que c'est d'abord son ambition de devenir premier ministre qui l'a poussé à entrer en politique, mais que son inexpérience a fini par le rattraper.

« Je suis revenu par ambition, mais je n'ai pas manqué d'opportunités de montrer mon ambition à l'extérieur du pays. J'étais à [l'Université] Harvard, bon Dieu, ce n'est pas rien! Mais je suis revenu parce que je suis un Canadien avec une tradition familiale de service public », a-t-il admis dans une entrevue accordée à l'émission Les coulisses du pouvoir.

L'ascension de Michael Ignatieff à la tête du Parti libéral du Canada (PLC) a été fulgurante et sa chute tout aussi brusque. Il analyse cet échec humiliant dans ses mémoires intitulées Fire and Ashes.

Le parcours politique de Michael Ignatieff s'est soldé par la pire défaite de l'histoire du PLC, le 2 mai 2011. Seulement 34 députés ont été élus, ce qui a fait perdre au parti son statut d'opposition officielle.

Lorsqu'ils l'ont recruté en 2005, des stratèges avaient pourtant fait miroiter à Michael Ignatieff le rêve de devenir premier ministre du Canada. Celui qui enseignait alors à l'Université Harvard a décidé de quitter le monde universitaire pour faire le saut. Il a rapidement été élu député de la circonscription ontarienne d'Etobicoke-Lakeshore. « Le moins que l'on puisse dire, c'est que j'étais un peu naïf lorsque je suis entré en politique », avoue-t-il.

Après une première défaite lors de la course à la direction du PLC en 2006, Michael Ignatieff devient finalement chef du parti en 2008, à la suite d'une crise parlementaire où l'opposition menace de renverser le gouvernement minoritaire de Stephen Harper. Les attaques négatives des conservateurs semblent lui coller à la peau. Il perd l'élection de 2011.

« La politique, c'est quelque chose qu'on ne peut pas enseigner, mais c'est quelque chose qu'on peut apprendre par expérience et je n'avais pas suffisamment d'expérience. J'ai beaucoup appris et très vite, mais pas suffisamment vite pour gagner », dit-il.

Michael Ignatieff affirme avoir écrit Fire and Ashes pour donner un aperçu juste du monde de la politique et de la défaite qui l'accompagne inévitablement. Il dit enseigner à ses étudiants les leçons qu'il a tirées de cette expérience.

L'entrevue avec Michael Ignatieff sera diffusée dimanche lors de l'émission Les coulisses du pouvoir, à 11 h (HE), sur les ondes de Ici Radio-Canada Télé.

Emmanuelle Latraverse : Sur les collines, le blogue politique de Radio-Canada

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