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Deux Canadiens détenus en Égypte disent avoir été battus

28/09/2013 01:15 EDT | Actualisé 28/11/2013 05:12 EST
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[UNVERIFIED CONTENT] Egypt - Cairo - 9/8/2013 The two main Brotherhood sit-ins continue to block the Rabaa El-Adaweya cross point in Nasr City and Al-Nahda Square in Giza - the Muslim Brotherhood continues to reject the army-backed roadmap and with negotiations reaching a deadlock, the coming phase of Egypt's political development remains foggy.

TORONTO - Deux Canadiens détenus en Égypte depuis plus de six semaines affirment avoir été témoins de la mort de 50 personnes lors d'une sanglante manifestation avant d'être arrêtés et battus.

Dans un communiqué conjoint, Tarek Loubani et John Greyson ont raconté qu'ils prévoyaient ne rester qu'une nuit au Caire, une étape dans leur périple vers Gaza, mais ils sont restés bloqués dans la capitale égyptienne parce la frontière était bloquée.

Ils ont alors décidé d'observer une manifestation qui se déroulait au square Ramsès lorsqu'ils ont entendu des appels à l'aide et vu un jeune homme atteint d'une balle.

M. Loubani, un médecin de London, en Ontario, a commencé à soigner le blessé tandis que M. Greyson, un cinéaste de Toronto, filmait la scène qu'il a décrit comme «un carnage».

Ils disent avoir vu plus de 50 Égyptiens morts.

Les deux hommes ajoutent qu'ils ont ensuite quitté les lieux. Ils ont alors demandé des policiers de l'aide pour revenir à leur hôtel mais ils ont soudainement été arrêtés, détenus et battus.

Ils affirment par ailleurs avoir été soumis à des traitements dégradants après avoir été jetés dans une cellule infestée de blattes.

«Nous sommes détenus ici dans des conditions ridicules depuis le 16 août: pas d'appels téléphoniques, pratiquement pas d'exercice, nous partageons une cellule de 10 mètres par trois avec 36 autres prisonniers politiques, nous dormons entassés sur le plancher de ciment en compagnie des blattes; nous utilisons conjointement un seul robinet qui verse une eau boueuse provenant du Nil», mentionnent les deux Canadiens dans leur communiqué, qui a été publié sur un site Internet militant pour leur libération.

«Était-ce nos passeports canadiens, la bande montrant Tarek offrant les premiers soins, ou les emballages de crème glacée qui les ont attirés? Ils criaient "Canadiens!" alors qu'ils nous frappaient. John a eu une empreinte très nette de botte dans le dos pendant une semaine.»

Selon Cecilia Greyson, la soeur de John, le communiqué a été dicté par les deux hommes à leurs avocats. Il a été publié en réponse à un reportage du Toronto Star selon lequel le ministère égyptien des Affaires étrangères envisagerait de porter des accusations indéterminées contre eux.

«Nous accueillerons notre première journée en cour avec soulagement, puisque la vidéo que nous avons tournée nous offrira un alibi et permettra de témoigner du massacre», disent les deux hommes.

Ceux-ci ne peuvent communiquer par téléphone avec leurs proches, tandis que les tentatives pour obtenir des informations claires de la part des procureurs à propos de la raison de leur détention ne suscitent pas de réponse.

«Nous avons droit à un traitement juste et équitable, pas à des blattes sur du béton. Nous demandons à être libérés.»

Les deux amis en sont au 12e jour d'une grève de la faim pour protester contre leur détention. Au dire de Cecilia Greyson, des agents consulaires canadiens les ont visités, il y a deux jours, et lui ont dit qu'ils étaient en «bonne santé», mais qu'ils étaient fatigués et montraient des signes de perte de poids.

Le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird a dit avoir soulevé le cas de MM. Loubahi et Greyson lors d'une rencontre avec son homologue égyptien, vendredi soir.

«J'espère recevoir de nouvelles informations d'ici peu», a-t-il déclaré.

Adria Minsky, une porte-parole de la ministre d'État responsable des affaires consulaires, Lynne Yelich, a envoyé un courriel pour affirmer que le gouvernement canadien fait tout ce qu'il est en pouvoir pour libérer les deux hommes.

«Leur condition et leur bien-être demeurent notre principale préoccupation», a-t-elle écrit.

Quant aux deux Canadiens, ils ont appris le 15 septembre qu'ils seraient détenus pendant encore 15 jours.

Dans le reportage du Toronto Star, le porte-parole égyptien mentionne que la période d'emprisonnement continuerait d'être prolongé à toutes les deux semaines, et ce jusqu'à ce que le bureau du procureur général complète son enquête.

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