POLITIQUE

Le Canada ne se prononce pas sur le financement de l'avortement en cas de viol

27/09/2013 06:57 EDT | Actualisé 27/11/2013 05:12 EST
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UN Secretary General Ban Ki-Moon speaks at a press conference during a visit to Seoul on August 26, 2013. Ban said on August 26 there was no time to waste as UN experts prepared to investigate a suspected Syrian chemical attack, with Washington suggesting the probe was already too late. AFP PHOTO / TRUTH LEEM (Photo credit should read Truth LEEM/AFP/Getty Images)

OTTAWA - Le gouvernement conservateur a appuyé cette semaine une déclaration présentée par la Grande-Bretagne aux Nations unies qui condamne le viol en temps de guerre, sans toutefois clarifier si cette prise de position allait jusqu'à aider les victimes à obtenir des avortements.

Parallèlement, une déclaration d'intention d'Ottawa à l'ONU sur les mariages prématurés et forcés ne précise pas si les efforts comprendraient l'accès à des services de santé génésique pour les filles mariées.

La déclaration sur les viols en temps de guerre, signée par 113 nations, fait suite à une résolution du Conseil de sécurité, adoptée en juin, qui faisait référence à l'offre de «services de santé non discriminatoires et détaillés, y compris pour la santé sexuelle et liée au système reproducteur» pour les victimes de viol.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon devrait d'ailleurs aller plus loin dans un rapport sur les femmes dans un climat de guerre devant bientôt être remis au conseil. Selon une version préliminaire citée par le Global Justice Center, un organisme basé à New York, les femmes victimes de conflits devraient avoir «accès à des services pour des avortements sécuritaires à la suite de viols».

La position du Canada sur la question de permettre l'octroi d'aide humanitaire à des organisations offrant de tels avortements n'a pas été clarifiée lorsqu'il est question de viols en temps de guerre et de filles mariées.

Ottawa a promis au printemps de verser cinq millions $ pour venir en aide aux victimes de sévices sexuels en temps de conflit. Jusqu'à maintenant, près d'un million $ a été consacré à une ligne téléphonique afghane pour référer les victimes à des ressources juridiques, médicales et psychologiques.

Mercredi, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, s'est fait demander de façon précise si le gouvernement allait financer des organisations qui fournissent un accès aux avortements médicalement nécessaires.

«Ce que nous voulons faire et ce que nous avons dit haut et fort plus tôt aujourd'hui, c'est que nous voulons mettre un terme aux mariages prématurés et forcés», avait répondu le ministre.

«Je pense que nous croyons tous que nous pouvons y arriver dans une génération, et cela implique une réponse juridique, cela implique des modifications dans les valeurs de la société et cela implique des changements de coutumes et d'autres pratiques.»

Invité à apporter des clarifications sur le sujet, le bureau de M. Baird n'a fourni aucune autre information.

Quant au gouvernement britannique, il a explicitement mentionné, plus tôt cette année, que son budget d'aide au développement pouvait être utilisé sans exception pour offrir des services d'avortement lorsque ceux-ci sont permis dans les pays touchés, allant jusqu'à dire qu'un avortement pourrait être effectué si son interdiction mettrait la vie de la mère en danger.

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