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Charte des valeurs : le ministre Lebel attaqué par les libéraux

27/09/2013 08:29 EDT | Actualisé 27/11/2013 05:12 EST

Parce qu'il a déclaré que « rien dans la Charte québécoise des valeurs ne le choque », le ministre Denis Lebel a fait l'objet vendredi d'une attaque des libéraux, qui le pressent de préciser la position du gouvernement conservateur.

Le ministre a tenu ces propos dans le cadre d'une entrevue accordée à La Presse Canadienne mardi.

Interrogé par la journaliste sur les aspects de la Charte proposée par Québec qui le choquaient, il a répondu que « rien ne [le] choque là-dedans ». Son attitude tranchait alors avec celle exprimée auparavant par le ministre Jason Kenney et même par le premier ministre Stephen Harper.

Les libéraux ont avalé cette déclaration de travers.

Dans une lettre adressée vendredi à Denis Lebel, mais également transmise aux médias, le député libéral Marc Garneau s'est dit très « préoccupé » de ses commentaires au sujet du projet péquiste qui cherche « à adopter de nouvelles lois visant à abolir certains droits des minorités ».

Le gouvernement joue un jeu très dangereux, a ajouté M. Garneau.

Et peut-être aussi un double jeu : le député libéral signale que des ministres anglophones de premier plan disent au Canada anglais qu'ils s'opposent au projet du gouvernement péquiste, mais que le ministre Lebel - le lieutenant politique de Stephen Harper au Québec - dit aux Québécois qu'il n'y a rien dans ce projet qui le choque.

Marc Garneau l'accuse ainsi d'empêcher les Canadiens de connaître la véritable position de leur gouvernement sur « cet enjeu crucial ».

Invité à réagir à cette attaque, le ministre Lebel s'est campé dans la position initiale du gouvernement conservateur sur la Charte, sans répondre à l'attaque libérale.

Le ministre Lebel a toujours eu la même position sur la Charte des valeurs québécoises, a indiqué son attachée de presse, Marie-Josée Paquette, dans un courriel.

Aucune loi n'est encore adoptée et si c'est le cas, elle sera analysée par le ministère fédéral de la Justice, ajoute-t-elle.

« Une chose est certaine, c'est que si l'Assemblée nationale du Québec adopte une loi qui met en péril les droits fondamentaux des Canadiens visant à les protéger de la discrimination, notre gouvernement va fortement défendre ces droits », est-il écrit dans le courriel.

Depuis le dévoilement du texte proposé par le gouvernement du Québec au début du mois, tous les partis fédéraux (hormis le Bloc québécois) l'ont sévèrement critiqué. Le gouvernement Harper a soutenu qu'il n'hésiterait pas à contester devant les tribunaux toute jugerait inconstitutionnelle.

Le projet de Charte vise entre autres à interdire aux employés de l'État de porter des symboles religieux ostentatoires.

La Presse Canadienne

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