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André Boisclair relevé temporairement de ses fonctions

27/09/2013 05:57 EDT | Actualisé 27/11/2013 05:12 EST

Le délégué général du Québec à New York, André Boisclair, est relevé temporairement de ses fonctions, à sa demande, afin de lui permettre de laver sa réputation, a appris Radio-Canada.

Cette semaine le député de la Coalition Avenir Québec (CAQ), Jacques Duchesneau, a soulevé des questions sur les liens entre l'octroi d'une subvention, la consommation passée de cocaïne de M. Boisclair et les liens allégués d'un de ses amis avec le crime organisé.

Selon nos informations, M. Boisclair estimait que dans ces circonstances il lui était difficile de poursuivre ses activités à New York. Le gouvernement a donc acquiescé à sa demande en le relevant de ses fonctions avec salaire. André Boisclair et ses avocats ont été en contact toute la journée pour négocier cette entente.

En soirée, le ministre des Relations internationales du Québec, Jean-François Lisée, a affirmé qu'il « prend acte » de la demande de M. Boisclair.

« Je souhaite bonne chance à M. Boisclair dans ces moments difficiles et je le remercie pour l'excellent travail qu'il a accompli dans le cadre des derniers mois à New York », a précisé le ministre, dans un communiqué.

De son côté, André Boisclair, lui-même ancien ministre péquiste, doit s'adresser aux médias lundi, à Montréal, a-t-il annoncé sur son compte Twitter.

Le délégué général du Québec à New York a fait parvenir une mise en demeure à Jacques Duchesneau, le sommant de se rétracter, sans quoi il intentera des procédures judiciaires en diffamation contre lui et sa formation. André Boiscair a aussi lancé jeudi matin une pétition en ligne pour réclamer le soutien du public face aux allégations de la Coalition avenir Québec.

Retour sur les allégations de la CAQ

Le 10 avril 2003, l'Église unie du Canada a reçu une lettre d'intention de 2,5 millions de dollars du ministre des Affaires municipales d'alors, André Boisclair, pour la réfection de l'église St. James, au centre-ville de Montréal, un projet piloté par son ami Paul Sauvé.

Le gouvernement péquiste sera défait quatre jours plus tard, mais la subvention promise sera finalement attribuée à l'Église unie du Canada par le gouvernement libéral de Jean Charest.

L'ex-ministre Boisclair soutient que le financement accordé « n'est en rien illégal ou illégitime ». Il insiste sur le fait qu'il était conditionnel à « l'obtention, par l'Assemblée nationale, des crédits nécessaires ». « Cette aide offerte s'inscrivait dans la continuité d'une première phase de mise en valeur de l'église, amorcée en 2001, dans le cadre du programme d'infrastructure Québec-Municipalités », précise M. Boisclair.

André Boisclair ajoute qu'il connaît Paul Sauvé depuis des années et que ce dernier a participé à des activités de financement : « À cet égard, à ma connaissance, le cadre juridique en vigueur a été scrupuleusement respecté ».

« [Les récentes déclarations de Jacques Duchesneau] et l'association vicieuse qu'il effectue à mon égard sont hautement diffamatoires et préjudiciables à ma réputation. De plus, elles ont été faites avec l'intention évidente de me nuire », écrit-il.

Jeudi, à l'Assemblée nationale, François Legault a demandé à trois reprises à la première ministre Marois si elle était d'accord avec ce geste d'André Boisclair. La première ministre ne s'est pas levée pour répondre au chef caquiste.

C'est plutôt le ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée, qui s'est levé pour dénoncer les allégations de MM. Legault et Duchesneau. « Je suis très déçu de voir aujourd'hui que le chef de la CAQ semble endosser les accusations sans fondement de son député », a-t-il dit.

Radio-Canada a par ailleurs pris connaissance d'une lettre semblable envoyée par André Boisclair quelques jours avant les élections de 2003. La lettre, adressée au maire de Baie-des-Sables, connu comme un partisan libéral, l'informe que sa municipalité recevra plus de 4 millions de dollars destinés aux infrastructures. La lettre précise que le tout est conditionnel à l'obtention des crédits à l'Assemblée nationale.

D'après les informations de Sébastien Bovet.

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