POLITIQUE

Jean Dorion s'oppose à la Charte des valeurs

25/09/2013 05:26 EDT | Actualisé 25/11/2013 05:12 EST
PC

Le Parti québécois propose la «Charte de la diversion», estime l'ancien député bloquiste Jean Dorion. Militant souverainiste des premières heures, ce dernier a décidé de s'inviter dans le débat entourant la Charte des valeurs québécoises en exposant ses réflexions sur la question dans un livre publié mercredi.

Jean Dorion avait en tête depuis un certain temps de publier un essai traitant de la question de la laïcité. Il a néanmoins mis les bouchées doubles à la fin de l'hiver et ce printemps pour présenter le fruit de son travail, et ce, sachant que le gouvernement allait proposer sa Charte des valeurs québécoises cet automne.

«Ça fait un bout de temps que j'avais en tête d'écrire sur la laïcité, dit-il. Je pensais être capable de sortir le livre plus tôt cet été, avant la présentation de la Charte, pour dire vrai», confesse-t-il.

Le Québec de demain

Intitulé «Inclure. Quelle laïcité pour le Québec? », l'essai, publié chez Québec Amérique, propose un peu plus de 150 pages de recherches, d'entrevues et de réflexions sur la question. Fait intéressant, l'auteur a voulu faire un clin d'œil au Québec de demain en dédiant son travail «à la jeunesse du Québec», écrit-il.

Opposé à la Charte des valeurs québécoises du gouvernement, Jean Dorion estime que le Québec «n'avait pas besoin d'une Charte». «Au lieu, le Parti québécois aurait pu seulement modifier certains règlements et lois pour défendre l'idée de la laïcité au sein de l'appareil de l'État», estime-t-il.

« La Charte des valeurs québécoises est déshonorante. C'est une chose dont on n'avait pas besoin», dit-il, indiquant que le projet du gouvernement est également perçu comme dévalorisant pour certaines familles immigrantes.

Affaiblir l'option souverainiste

Aussi, l'ancien délégué du Québec à Tokyo estime que le gouvernement fait fausse route en s'attaquant à des femmes immigrantes francophones en interdisant le voile dans la fonction publique. Une population de choix pour la préservation et le rayonnement du français, qui risque de se tourner vers les autres provinces anglophones si le gouvernement persiste et signe avec son projet de Charte, dénonce-t-il.

«C'est elles qui portent le foulard, ce n'est pas moi, explique-t-il. Je suis pour la liberté d'expression et mon livre est une petite pierre dans le débat», conclut-il.

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