POLITIQUE

Les aînés paient le prix de la réduction des services publics

25/09/2013 12:25 EDT | Actualisé 25/11/2013 05:12 EST
Radio-Canada

La protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, affirme qu'il ne faut pas croire le gouvernement du Québec lorsqu'il dit que les coupes budgétaires n'influeront pas sur les services à la population. En réalité, l'écart se creuse entre les services annoncés et ceux qui sont réellement offerts.

C'est particulièrement le cas en ce qui concerne la santé et les services sociaux, soutient-elle dans son rapport annuel, déposé mercredi à l'Assemblée nationale.

Les services aux aînés

De plus en plus, par manque de budget, les services publics réfèrent la population à des organismes communautaires et à des entreprises privées, en vertu d'ententes de service. Mais le contrôle de la qualité est souvent insuffisant.

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C'est le cas notamment dans les résidences d'hébergement privées vers lesquelles on dirige les personnes âgées en perte d'autonomie afin de libérer des lits dans les hôpitaux. Même si la qualité des soins et des services laisse parfois à désirer, on continue d'y envoyer des aînés sans vérifier si des correctifs ont été apportés.

La protectrice recommande donc au ministère de la Santé et des Services sociaux de mieux encadrer les soins offerts par les centres privés vers lesquels on envoie des patients.

« Ce que je déplore, c'est la déresponsabilisation envers le résultat concret pour les citoyens que nous avons parfois observée sur le terrain. Plusieurs sont des personnes vulnérables qu'il ne faut surtout pas abandonner à leur sort. » — Raymonde Saint-Germain, protectrice du citoyen

La situation est semblable en ce qui concerne les ressources offertes aux personnes handicapées physiques et intellectuelles. Les ressources d'hébergement présentent parfois des lacunes en ce qui concerne les services offerts, l'encadrement ou la qualité de l'alimentation. La protectrice avait déjà recommandé, en 2011, des visites d'appréciation à ces ressources, mais elle déplore que le ministère tarde encore à agir.

De plus, des services importants pour la qualité de vie des adultes présentant une déficience et leur famille ne sont plus offerts, faute de budget.

D'autres faits saillants du rapport

En ce qui concerne les détenus, la protectrice du citoyen s'inquiète du manque de progrès dans la prise en charge des prisonniers souffrant de problèmes de santé mentale, un problème qu'elle avait déjà rapporté. Elle signale également que les stratégies mises en place pour atténuer le problème de la surpopulation carcérale sont peu efficaces ou carrément négatives. Dans ce contexte, la situation des femmes détenues laisse particulièrement à désirer.

La protectrice déplore également que, dans son appel d'offres pour la création de nouvelles places en service de garde, le ministère de la Famille ait exclu d'emblée les garderies privées non subventionnées et que les nouveaux promoteurs soient favorisés au détriment des services de garde existants.

Les délais demeurent le principal motif de plaintes, suivi du manque de coordination entre les programmes.

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