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Procès contre les Rédemptoristes : Frank Tremblay marqué à vie

24/09/2013 01:15 EDT | Actualisé 23/11/2013 05:12 EST

Le procès en recours collectif contre les Rédemptoristes a repris mardi avec le témoignage attendu de Frank Tremblay, celui qui a amorcé le recours juridique contre la congrégation religieuse.

L'ancien élève du Séminaire Saint-Alphonse à Sainte-Anne-de-Beaupré a raconté les agressions dont il a été victime et leurs conséquences sur sa vie.

Le jeune élève de secondaire deux était allé dans la chambre du responsable de son dortoir, Raymond-Marie Lavoie, pour obtenir du réconfort. Il était anxieux et avait du mal à dormir. Le père en a profité pour commettre des attouchements sexuels.

Les agressions se sont poursuivies sur une base presque quotidienne pendant plusieurs mois, a-t-il raconté devant le tribunal.

Frank Tremblay a aussi confié avoir été la cible d'intimidation de la part des autres élèves. Il se faisait traiter de « chouchou » et de « fif ».

Le témoin a parlé avec émotions des conséquences de ces gestes sur sa vie et même sur sa relation père-fils. Il a rappelé en pleurs une phrase de son garçon de trois ans.

« Pourquoi papa tu n'aimes pas ça les caresses? », lui a dit l'enfant. Un commentaire qui l'a dévasté parce qu'il démontrait les contrecoups de ses agressions sur son propre fils.

Il a raconté avoir vécu toute sa vie avec un sentiment de honte et un manque de confiance en lui.

Frank Tremblay reviendra à la barre des témoins mercredi pour poursuivre son contre-interrogatoire.

Le père Pilote dénoncé par une autre victime

Une deuxième victime a raconté avoir été agressée par le père Guy Pilote au procès en recours collectif contre les Rédemptoristes.

Le père Pilote est le seul religieux visé par ce procès qui est toujours en vie et qui n'a pas été accusé au criminel. 

Lors de son témoignage mardi matin, l'ancien élève du Séminaire Saint-Alphonse a affirmé que le père Guy Pilote l'incitait à mettre la main sur son pénis lorsqu'il se rendait à son bureau. L'homme a fréquenté le séminaire dans les années 70.

Le Rédemptoriste, qui était son surveillant de dortoir, aurait posé des gestes similaires lorsqu'il fermait les lumières pour que les élèves s'endorment.

Le témoin a expliqué au juge qu'il n'a jamais porté plainte à la police parce qu'il ne voulait pas envoyer le père Pilote en prison.

Un enquêteur de la Sûreté du Québec était dans la salle pour prendre des notes. La semaine dernière, un autre témoin a reproché des gestes à caractère sexuel au père Pilote.

Le père Guy Pilote, qui a aussi été directeur de l'école, devait témoigner au procès, mais les procureurs des victimes ont renoncé à le faire témoigner.

Le procès se poursuivra mardi après-midi; on entendra alors le témoignage de l'instigateur du recours collectif, Frank Tremblay, une victime du père Raymond-Marie Lavoie. Le Rédemptoriste purge une peine de cinq ans de prison pour des agressions commises sur 13 anciens élèves.

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