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Il y a 40 ans, l'écrivain chilien Pablo Neruda disparaissait

24/09/2013 09:08 EDT | Actualisé 24/11/2013 05:12 EST

Il y a 40 ans, le 23 septembre 1973, s'éteignait Pablo Neruda, Prix Nobel de littérature 1971 et archétype de l'écrivain engagé.

Sa mort est survenue quelques jours seulement après le coup d'État d'Augusto Pinochet au Chili contre le président socialiste Salvador Allende, dont Neruda était proche.

Bien que la cause officielle du décès soit un cancer, des doutes subsistaient encore sur les circonstances de sa mort. Au printemps 2013, l'enquête sur la mort du célèbre écrivain avait été rouverte et son corps, exhumé

Les résultats préliminaires ont cependant confirmé la cause naturelle du décès, lié à la maladie.

Surtout connu pour ses poèmes d'amour, notamment son recueil Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée, Neruda est aussi l'auteur d'une « bible » de l'Amérique : Chant général, qu'il considérait comme son ouvrage le plus important.

Homme de mots et d'action

L'écrivain a également eu une carrière politique : il a été consul en Espagne à la fin des années 1930 et sénateur de la république au Chili dans les années 1940.

En Espagne, il a côtoyé plusieurs écrivains, dont Federico Garcia Lorca, qui aura une influence sur son oeuvre. 

Lorsque a éclaté la guerre civile espagnole, il a affrété un bateau, le Winnipeg. À son bord, 2500 personnes tentaient de fuir le régime de Franco en se rendant au Chili.

Prêter sa voix à ceux qui n'en ont pas

D'après Carolina Ferrer, professeure au Département d'études littéraires de la Faculté des arts de l'Université du Québec à Montréal, Neruda, à l'invitation de travailleurs, s'était rendu au marché central de Santiago et s'était mis à leur lire des poèmes.

Étonné par l'émotion que suscitaient ses poèmes chez ces hommes peu éduqués, il s'est dit alors qu'il devait écrire sur eux et pour eux et a entrepris de rédiger Chant général.

Ce long poème épique entendait retracer l'histoire du continent, notamment celle des souffrances des peuples autochtones.

Il a terminé l'ouvrage dans la clandestinité et traversé à cheval la cordillère des Andes avec son manuscrit dans son sac. 

Il en a laissé un exemplaire au Chili avant de s'enfuir à Paris, où les premières éditions officielles ont vu le jour.

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