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Prise d'otages au Kenya : 59 morts, dont 2 Canadiens

22/09/2013 04:27 EDT | Actualisé 21/11/2013 05:12 EST

Des tirs nourris ont été échangés, ce matin, dans le centre commercial de Nairobi, qui a été attaqué, hier, par un commando islamiste. Le dernier bilan avancé par le gouvernement kényan est d'au moins 59 morts, dont 2 Canadiens, et 175 blessés.

Le mouvement islamiste somalien Al-Shabab a revendiqué l'attaque samedi. Ce groupe armé, affilié à Al-Qaïda, dit avoir agi ainsi en guise de représailles contre la présence de soldats kényans en Somalie et refuse toujours de négocier.

Le centre commercial de Westgate, fréquenté par de nombreux expatriés, était bondé lorsque les assaillants ont fait irruption samedi midi. Selon un témoin, ils ont crié aux musulmans de quitter les lieux avant d'ouvrir le feu.

Pendant des heures, des cadavres sont restés à même le sol dans les restaurants du centre commercial, où continuait de résonner une musique d'ambiance.

Dimanche, après le calme d'une bonne partie de la nuit, les forces de sécurité kényanes tentaient toujours de reprendre le contrôle des lieux. Les coups de feu auraient duré une trentaine de secondes, pendant que les soldats kényans prenaient position pour se placer à couvert.

Un nombre indéterminé d'otages est toujours aux mains des militants islamistes. Les autorités kényanes pensent que le commando est constitué de 10 à 15 assaillants, dont certains sont des femmes, selon des témoins.

S'adressant aux médias, le ministre de l'Intérieur Joseph Ole Lenku a affirmé que 1000 personnes ont été évacuées du centre commercial après l'attaque.

Le président Uhuru Kenyatta a quant à lui précisé que son neveu et la fiancée de ce dernier figuraient parmi les morts. « Nous avons surmonté d'autres attaques terroristes », a-t-il rappelé dans une allocution télévisée, évoquant l'attentat de 1998 contre l'ambassade des États-Unis à Nairobi qui a fait plus de 200 morts.

« Ceci n'est pas une guerre kényane, c'est une guerre internationale », a-t-il dit plus tard.

Deux Canadiens parmi les victimes

Plusieurs ressortissants internationaux figurent parmi les victimes, dont trois Britanniques, deux Françaises, une Sud-Coréenne, un Sud-Africain, deux Indiens, ainsi qu'un célèbre poète et homme d'État ghanéen, Kofi Awoonoret.

Deux Canadiens ont aussi perdu la vie dans l'attentat, dont la diplomate Annemarie Desloges, 29 ans. La deuxième victime n'a pas encore été identifiée.

Selon le ministère des Affaires étrangères, Annemarie Desloges travaillait pour le gouvernement depuis 2006. Elle a notamment été employée au ministère de l'Immigration. Elle était maintenant agente de liaison pour l'Agence des services frontaliers du Canada à Nairobi. Le premier ministre Stephen Harper a salué le travail de la « fonctionnaire distinguée ».

Le premier ministre a réaffirmé l'engagement du Canada à prendre « des mesures vigoureuses » pour protéger les Canadiens, partout dans le monde.

Stephen Harper a offert « toute l'aide possible » au Kenya pour traduire « les auteurs de cette attaque haineuse » devant la justice.

Paul Dewar, porte-parole du NPD en matière d'affaires étrangères, a également dénoncé « ces actes ignobles ».

L'opposition officielle à Ottawa a aussi rendu hommage au « courage exemplaire » des diplomates canadiens à l'étranger.

Condamnations internationales

Plusieurs pays ont dénoncé l'attaque du centre commercial de Nairobi. À Paris, l'Elysée a notamment déploré « cet acte ignoble » qui a coûté la vie à deux Françaises.

Aux Nations unies, les membres du Conseil de sécurité ont aussi condamné le « plus fermement possible » l'attaque armée et rappelé que le terrorisme est la « plus sérieuse menace à la paix et la sécurité » dans le monde. Le Conseil de sécurité se dit déterminé à combattre le terrorisme, sous toutes ces formes.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a affirmé que « les auteurs doivent être traduits en justice dès que possible », rappelant que Nairobi accueille le principal siège de l'ONU en Afrique.

Le secrétaire d'État américain John Kerry a proposé au Kenya l'aide des États-Unis pour tenter de régler cette crise.

Des experts israéliens conseillent les autorités kényanes, a-t-on appris de source proche des services de sécurité israéliens.

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