POLITIQUE

Une année difficile pour l'UMQ?

20/09/2013 03:46 EDT | Actualisé 20/11/2013 05:12 EST
Agence QMI

MONTRÉAL - L'Union des municipalités du Québec (UMQ) s'inquiète pour la prochaine année financière de ses membres, qui, dans certains cas, n'auront peut-être pas le choix de hausser les taxes municipales.

C'est le constat dressé vendredi par son président, Éric Forest, en marge du conseil d'administration de l'organisme, qui se déroulait à Lac-Mégantic.

En entrevue, ce dernier a notamment reproché au gouvernement Marois de priver les membres l'UMQ de 200 millions $ en voulant modifier les modalités du remboursement de la TVQ dans l'Entente de partenariat fiscal et financier.

M. Forest, qui est également maire de Rimouski, estime que cette situation met encore plus de pression sur ses membres, qui doivent notamment composer avec un déficit des régimes de retraite publics qui ne cesse d'augmenter.

«Ca ne sera pas du gâteau de faire le budget en 2014, a-t-il martelé. Il n'y aura pas de miracle.»

L'UMQ réclame ainsi au gouvernement Marois des mesures compensatoires, voire le prolongement de conditions actuelles, en attendant une nouvelle entente.

Le président de l'UMQ a aussi expliqué que les scrutins municipaux du 3 novembre pourraient rendre la situation encore plus difficile, puisque, dans certains cas, ce sont de nouveaux élus qui devront composer avec cette réalité financière.

Il a rappelé que l'UMQ ainsi que le gouvernement Marois doivent négocier une nouvelle mouture de l'entente, qui prend fin le 31 décembre. Les pourparlers, suspendus depuis le mois de juin, à la demande de l'UMQ, devraient reprendre après les élections du 3 novembre.

L'Entente de partenariat fiscal et financier prévoyait un remboursement de la taxe de vente du Québec payée par les municipalités sur leurs achats de biens et de services qui devait atteindre 100 pour cent en 2013.

L'enveloppe de ce programme était de 472 millions $ pour l'année en cours.

L'Entente était intervenue entre Québec, la Fédération québécoise des municipalités, l’Union des municipalités du Québec et la Ville de Montréal, notamment.

Le président de l'UMQ a reproché au gouvernement Marois de vouloir mettre fin à ce remboursement pour le remplacer par un crédit de taxe, ce qui prive les municipalités de liquidités importantes afin de boucler leur budget.

«Auparavant, on pouvait inscrire le montant du remboursement dans notre budget, rappelle M. Forest. Cependant, là, ça ne sera plus le cas.»

Même s'il reconnaît qu'un certain équilibre pourrait être atteint avec les nouvelles mesures que désire imposer Québec, M. Forest estime que l'UMQ en a été informée trop tard.

«C'est quelque chose qui découle des négociations de l'harmonisation des taxes entre Québec et Ottawa, mais l'UMQ n'avait pas été mise au courant, clame le président son président. Avec plus de temps, on aurait pu se préparer pour encaisser le choc.»

Yann-Langlais Plante, l'attaché de presse du ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, a quant à lui indiqué que le gouvernement n'avait pas l'intention de commenter le dossier, puisque les négociations doivent reprendre.

M. Forest a reconnu que certains membres de l'UMQ songent à une hausse de taxes, mais que ces municipalités hésitent, notamment parce que plusieurs contribuables subissent déjà une hausse salée des taxes scolaires.

«Dans le cas de Rimouski, l'équivalent du remboursement représentait 800 000 $, souligne-t-il. Si je veux équilibrer mon budget, il se peut que je sois obligé de taxer ce montant.»

D'autres sujets, dont la charte des valeurs québécoises du gouvernement Marois, étaient à l'ordre du jour du conseil d'administration.

Sur ce point, l'UMQ a préféré attendre de connaître la «mouture officielle» du projet de loi avant de se prononcer.