DIVERTISSEMENT

TVA: un Gentleman plus lent et plus complexe

20/09/2013 09:02 EDT | Actualisé 20/11/2013 05:12 EST
Courtoisie TVA

C'est un Gentleman beaucoup moins essoufflant qu'en 2009 et en 2011 qui reprendra l'antenne de TVA, le mercredi 25 septembre, à 21h. La troisième saison de la série policière signée Anne Boyer et Michel d'Astous - qui sera aussi la dernière, on l'a confirmé officiellement jeudi, lors du visionnement de presse des deux premiers épisodes - souffre un peu du manque de rythme qui était à la fois sa signature et son principal charme dans le passé. Il faut dire que ce nouveau volet s'articule autour d'une intrigue complexe, qu'il faut prendre le temps d'installer afin de garder le téléspectateur captif. Et le produit n'en demeure pas moins d'une grande qualité; la trame se révèle prometteuse, les personnages se dessinent tout en nuances, le mystère plane toujours autant... Mais on ne fixe plus le petit écran assis sur le bout de notre chaise, les yeux écarquillés, comme avant.

Cette fois, Louis Cadieux (David Boutin) et Richard Beauvais (Michel Barrette) seront entraînés dans une sordide affaire d'immigrants illégaux, retrouvés morts asphyxiés dans le conteneur d'un parc de distribution maritime. La découverte, effectuée par Ghislain Pageau (Denis Trudel), un travailleur du port, s'avérera particulièrement macabre. Les choses se compliqueront joyeusement lorsqu'on trouvera ce même Ghislain Pageau mort pendu dans son appartement. S'agit-il d'un réel suicide ou d'un meurtre déguisé ? Le résultat de l'autopsie sera surprenant, et incitera Louis à tenter une infiltration dans une usine de soudure. Il y fera la connaissance de la séduisante Karine Douville (Monia Chokri), dont il devra bientôt se méfier...

L'enquête mènera le tandem Cadieux-Beauvais dans les locaux de Boréas, entreprise propriétaire du bateau qui hébergeait le conteneur. Une drôle d'ambiance règne dans cette compagnie, gérée par le couple formé de Paul-Émile Vallières (Benoit Gouin) et son épouse, Isabelle (Brigitte Paquette). L'amour semble être au rendez-vous entre eux, mais une tension s'est immiscée dans leur relation. Leur avocat et conseiller juridique, Christian Brunet (Serge Postigo), aurait-il quelque chose à y voir? D'apparence un fin manipulateur, celui-ci paraît en pincer pour Isabelle, mais son jeu n'est pas parfaitement clair. Les regards de biais et les non-dits s'accumulent dans le trio, et on prendra plaisir à dénouer les fils qui relient ces êtres entre eux. Avec habileté, Christian Brunet ne s'empêchera pas de faire la cour à Dorice Tremblay (Marie-Hélène Thibault), qui est toujours en quête perpétuelle de l'âme sœur.

Bien qu'il ne soit pas nécessaire d'avoir suivi les précédentes aventures de nos héros pour comprendre l'évolution de l'histoire, on reviendra quand même sur l'incident de la deuxième année, qui avait failli mener Richard directement en prison pour avoir tué un jeune garçon. L'homme a maintenant peine à tenir un fusil entre ses mains, et c'est d'un poignet tremblant qu'il s'exerce au centre de tir. L'heure de la retraite aurait-elle sonné pour le vétéran? Ou sera-t-il promu à un autre poste? Il y aura des développements de ce côté, c'est certain. Dans sa vie privée, Richard file toujours le parfait amour avec Nathalie (Marie-Chantal Perron), la sœur de Louis. La fille adolescente de cette dernière, Yolaine (Éléonore Lamotte), a bien grandi, et étudie maintenant en criminologie et se passionne pour les psychopathes, au grand dam de sa mère.

Sur une note plus légère, Gabriel Séverin (Frédéric Pierre) annoncera son départ imminent pour une autre escouade, et on assistera aux efforts un peu pathétiques d'Alain Thibodeau (Steve Laplante), qui aimerait bien le remplacer. Un amusant quiproquo laissera croire à l'employé pas si modèle que la cassante Josée Boileau (Sylvie Léonard), de la Sûreté nationale, pourrait contrecarrer ses plans.

Anne Boyer et Michel d'Astous ont confié, jeudi, s'être inspirés d'un fait divers survenu aux alentours de 2003, dans les environs d'Anjou, pour créer le squelette de cette ultime mouture du Gentleman. Dans un souci de vérité, ils ont également fait lire leurs textes par un ancien policier du nom d'André Bouchard, qui vérifiait chaque aspect du scénario.

En ce qui a trait à la disparition définitive des ondes de leur Gentleman à la fin de ces huit derniers épisodes, les créateurs ont précisé qu'il était prévu dès le départ que le projet ne compterait que trois saisons. Les délais de production de deux ans entre chacune d'elles les ont incités à respecter leur parole. Le duo travaille déjà à pondre une nouvelle fiction destinée à TVA.

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