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Vers un troisième mandat pour Merkel

19/09/2013 09:50 EDT | Actualisé 19/11/2013 05:12 EST

La chancelière Angela Merkel semble en voie de décrocher un troisième mandat à la tête du gouvernement allemand, mais sa coalition réussira-t-elle à obtenir une majorité aux urnes? Rien n'est moins sûr.

Selon un sondage Insa publié jeudi, 38 % des citoyens conviés aux élections législatives de dimanche ont l'intention de voter pour l'Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti conservateur de Mme Merkel.

Le Parti libéral-démocrate (FDP), avec qui le CDU forme une coalition, se maintient difficilement dans les intentions de vote, n'en recueillant que 6 %. Selon cette tendance, la coalition obtiendrait au total 44 % des votes.

Si le scénario projeté se réalise, Angela Merkel pourrait vouloir former une « grande coalition » incluant ses rivaux de la gauche afin de gouverner, comme lors de son premier mandat (2005-2009).

Du côté gauche, les sociaux-démocrates (SPD) de Peer Steinbrück sont eux aussi loin de la majorité, même en s'alliant à leur partenaire traditionnel, le Parti des verts. Le SPD récolterait 28 % et les verts 8 % selon le même sondage.

Le parti de gauche radicale Die Linke est quant à lui crédité à 9 %. Peer Steinbrück a toutefois refusé toute alliance avec ce parti héritier du mouvement communiste est-allemand.

Pendant ce temps, le parti anti-euro Alternative pour l'Allemagne (AFD) progresse dans les intentions de vote, obtenant 5 %, le seuil lui permettant d'entrer au Parlement. Ce parti milite notamment pour le « démantèlement ordonné » de la zone euro.

Survivante de la crise financière

Si elle est bel et bien réélue à la tête de l'Allemagne, Angela Merkel deviendrait la première grande dirigeante européenne à survivre à la crise financière européenne.

Alors que face aux turbulences ses homologues italien, français, espagnol et britannique ont tous échoué à se faire réélire, Mme Merkel continue d'être la personnalité préférée des Allemands, qui la surnomment affectueusement mutti (maman).

L'Allemagne, première économie d'Europe, a mieux résisté à la crise que les autres. Le taux de chômage y a baissé à 6,8 % alors qu'il a grimpé dans les pays voisins. Mme Merkel se vante d'avoir dirigé « le meilleur gouvernement depuis la Réunification » allemande en 1990.

Ses rivaux sociaux-démocrates lui reprochent toutefois son bilan social, dont le fait que 7 millions d'Allemands ont un salaire inférieur à 8,50 euros de l'heure. L'Allemagne fait donc partie des pays comprenant le plus grand nombre de bas salaires en Europe.

Advenant la formation d'une « grande coalition » incluant la gauche, l'Allemagne pourrait ainsi pencher vers plus de mesures sociales et d'investissements dans les infrastructures, sans toutefois opérer de changements importants sur le plan de la politique européenne, estime Klaus-Peter Schöppner, chef de l'institut de sondage Emnid.

Terne campagne

Pour le politologue Nils Diederich, de l'Université libre de Berlin, « le scepticisme ou la peur de l'avenir ont laissé la place à une relative satisfaction sur l'économie et une confiance dans l'avenir »,

Jugée ennuyeuse, la campagne électorale actuelle n'a pas suscité de grand engouement. Selon Hans Vorländer, chercheur en science politique de l'Université de Dresde, « il n'y a pas de grand thème de campagne qui donne lieu à l'émergence d'opinions contradictoires et conflictuelles. »

Les Allemands montreraient actuellement une faible volonté de changement. Ils souhaiteraient ainsi que « Merkel reste chancelière et si possible dans une grande coalition », explique-t-il.

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