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Un rapport de l'ONU note un ralentissement du réchauffement climatique

19/09/2013 11:33 EDT | Actualisé 19/11/2013 05:12 EST
Getty

STOCKHOLM - Les auteurs d'un important rapport des Nations unies sur les changements climatiques s'expliquent mal pourquoi le réchauffement global semble avoir ralenti depuis 15 ans, même si les émissions de gaz à effet de serre continuent à augmenter.

Des documents obtenus par l'Associated Press témoignent de l'inquiétude profonde de certains dirigeants face à cette question, avant l'ouverture la semaine prochaine d'une rencontre du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Les sceptiques citent le ralentissement du réchauffement de surface constaté depuis 1998 pour remettre en question les scientifiques qui affirment que les émissions polluantes des humains sont responsables du phénomène.

Le rapport du GIEC devrait réaffirmer ce lien avec plus de fermeté que jamais, mais le comité fait aussi l'objet de pressions pour expliquer le ralentissement du réchauffement. Les chercheurs croient que la chaleur s'enfonce plus profondément dans les océans et évoquent des fluctuations naturelles du climat, notamment en ce qui concerne les courants El Nino et La Nina.

«Je pense que ce serait problématique de ne pas en parler parce qu'on aurait alors les sceptiques qui diraient, 'Vous voyez, le GIEC garde le silence à ce sujet'», a dit Alden Meyer, de l'Union of Concerned Scientists de Washington.

Le document du GIEC indique que le rythme du réchauffement entre 1998 et 2012 a été environ la moitié du rythme constaté depuis 1951. Il cite les variations climatiques naturelles, l'effet refroidissant des éruptions volcaniques et une réduction de l'activité solaire.

Mais plusieurs gouvernements qui ont pris connaissance du document ont contesté la manière dont la question était traitée. L'Allemagne a demandé à ce que la référence au ralentissement soit retirée, affirmant qu'une période de 10 ou 15 ans est trompeuse dans le contexte des changements climatiques, un phénomène qui se mesure sur des dizaines et des centaines d'années.

Les États-Unis ont demandé l'ajout de l'hypothèse principale selon laquelle ce ralentissement du réchauffement serait attribuable à un transfert plus important de chaleur vers le fond des océans.

La Belgique s'est objectée au choix de 1998 comme année de départ, puisqu'il s'agit d'une année exceptionnellement chaude. Tout graphique qui débute en 1998 sera essentiellement plat, puisque les années suivantes ont été plus fraîches. Un graphique débutant en 1999 ou 2000 témoignerait d'une légère tendance à la hausse.

Plusieurs sceptiques affirment que le réchauffement climatique s'est arrêté à la fin des années 1990, et leur position est de plus en plus populaire auprès des politiciens et des médias même si les preuves scientifiques s'accumulent: la dernière décennie a été la plus chaude jamais enregistrée et la glace arctique n'a jamais fondu autant que l'an dernier. Le GIEC ajoute que le niveau des mers a augmenté de près de 20 centimètres depuis 1901.

Le document du GIEC, qui n'en est encore qu'au stade d'ébauche, affirme qu'il est «extrêmement probable» que l'influence humaine soit responsable de plus de la moitié du réchauffement constaté depuis les années 1950, une augmentation par rapport au «très probable» contenu dans le rapport de 2007.

Le comité prédit également que le niveau des océans augmentera de 26 à 81 centimètres d'ici la fin du siècle, comparativement à la hausse de 18 à 59 centimètres anticipée en 2007.

Le document, dont la version finale sera présentée à Stockholm la semaine prochaine, prévient que des changements climatiques sans précédent depuis des centaines de milliers d'années sont à prévoir si les émissions de gaz à effet de serre continuent à leur niveau actuel ou augmentent.

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