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Accident ferroviaire à Ottawa : pas de caméra à l'avant du train

19/09/2013 02:37 EDT | Actualisé 18/11/2013 05:12 EST

L'enquête du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) sur l'accident ferroviaire qui a fait six morts mercredi à Ottawa s'annonce longue, plusieurs facteurs complexifiant la collecte des données.

Le train de Via Rail impliqué dans la collision ne possédait pas de caméra à l'avant de la cabine de pilotage, contrairement à la plupart des autres trains de Via Rail, a indiqué jeudi Robert Johnston, directeur intérimaire au BST.

Les transporteurs ne sont pas tenus par la loi de poser une caméra sur leurs trains. Selon la ministre fédérale des Transports, Lisa Raitt, Via Rail avait accepté l'an dernier de poser volontairement des caméras sur ses véhicules. Le train en question faisait partie des derniers qui n'en étaient pas encore dotés.

Le BST devra également composer avec le fait que l'autobus ne contenait pas de boîte noire semblable à celles qu'on retrouve dans les trains. Dans les autobus, l'enregistrement des données varie d'un véhicule et d'un propriétaire à l'autre. Les enquêteurs doivent d'abord établir quelles données ils peuvent extraire, a expliqué M. Johnston.

Par ailleurs, le chauffeur de l'autobus ayant perdu la vie dans la collision, de nombreux témoins devront être interrogés pour comprendre les circonstances de l'accident.

« Nous savons que c'est l'autobus qui a percuté le train. Nous essayons de comprendre pourquoi », a affirmé M. Johnston, directeur intérimaire au BST. « Il est trop tôt pour émettre des hypothèses », a-t-il conclu.

L'autobus a été transporté dans un autre site pour la suite de l'inspection, jeudi. L'enquête complète du BST pourrait prendre jusqu'à un an.

Des changements s'imposent, dit Lisa Raitt

La ministre fédérale des Transports, Lisa Raitt, invite les compagnies ferroviaires à installer à bord de leurs locomotives des caméras et des micros avant la nouvelle réglementation.

« Par respect pour les victimes de Lac-Mégantic et d'Ottawa, l'industrie doit agir et faire ce qu'il faut », a-t-elle déclaré, jeudi.

La sécurité des passages à niveau

Cet accident remet sur la sellette la sécurité entourant les passages à niveau.

Les risques d'accident à ces passages « sont augmentés par les développements urbains », a indiqué Gérald Gauthier, vice-président aux Affaires publiques de l'Association des chemins de fer du Canada, en entrevue à Radio-Canada.

M. Gauthier a affirmé avoir souvent travaillé sur cette question avec les gouvernements provinciaux pour les sensibiliser à revoir les lois sur l'aménagement « comme pour respecter des distances minimales entre les développements et les activités ferroviaires et d'éviter d'ouvrir des passages à niveau chaque fois qu'on désire avoir un nouveau développement ».

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