POLITIQUE

Rentrée parlementaire: le totem de Maka Kotto, le voile des manifestantes

17/09/2013 06:25 EDT | Actualisé 18/09/2013 11:01 EDT

La Charte des valeurs québécoises a donné lieu à une confidence étonnante d'un ministre mardi, jour de rentrée parlementaire à Québec.

À l'entrée du caucus du Parti québécois, les ministres ont été assaillis de questions sur le projet de loi du gouvernement Marois, qui vise notamment à interdire les signes religieux ostentatoires dans la fonction publique. Si elle est adoptée, la loi interdirait le port du voile islamique, de la kippa juive, du turban sikh ou du crucifix trop imposant aux fonctionnaires et employés d'institutions publiques telles que les CPE et les hôpitaux.

Si la plupart des ministres ont évité les questions, le ministre de la Culture et des Communications, Maka Kotto, a illustré son appui à la Charte en évoquant ses origines camerounaises. Selon lui, le projet de loi apportera des balises claires pour les nouveaux arrivants. «Je pourrais me promener avec mon crâne de panthère sur la poitrine, c'est mon totem familial, a-t-il confié. Mais je ne le fais pas, parce que j'adhère à ce qui est convenu d'adopter comme valeurs dans la société d'accueil.»

«Quand on arrive dans une nouvelle famille, la moindre des choses, c'est de considérer les valeurs de cette famille et d'essayer de s'adapter à cette nouvelle donne», a-t-il ajouté.

Un point de vue en contre-pied de celui des sept musulmanes voilées venues manifester sur le parterre de l'Assemblée nationale. Parmi elles, Mélanie Trudelle, une Québécoise «de souche» née à Baie-Comeau et convertie à l'Islam vers l'âge de 18 ans. Intervenante familiale dans des écoles privées, elle craint l'exclusion des femmes voilées des emplois dans la fonction publique. «Ces femmes qui sont sur le marché du travail, qui ont fait cet effort, qui sont venues jusqu'ici, qui se sont intégrées dans la société, qui sont actives, pour la plupart diplômées, c'est celles qu'ont va brimer, a-t-elle lancé. C'est ce que je trouve le plus malheureux. Au nom de l'idée que soi-disant on va les libérer, et bien finalement, on leur envoie le message "rentrer chez vous ".»

Une autre manifestante, Samia Bouzoureme, une éducatrice spécialisée dans les écoles primaires, a réagi au commentaire de Pauline Marois qui a affirmé au journal Le Devoir au début du mois de septembre que le voile contrevient à l'égalité hommes-femmes et constitue «une espèce de soumission». «On s'attendait qu'une femme qui devient la première ministre du Québec, la première des choses qu'elle allait faire c'est de protéger les droits des femmes qui sont déjà présentes dans la société, pas de les retirer.»

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