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«Gabrielle» : au-delà des préjugés (PHOTOS)

17/09/2013 06:47 EDT | Actualisé 17/11/2013 05:12 EST
Ismaël Houdassine

Se battre, se battre, toujours se battre. Gabrielle, jeune femme atteinte du syndrome de Williams, sait très bien que rien ne sera facile pour elle. Le second film de Louise Archambault met en lumière le combat incessant d'une personne souffrant d'une déficience intellectuelle néanmoins en quête de bonheur. À l'occasion de la première lundi au cinéma l'Impérial, le Huffington Post Québec s'est entretenu avec la réalisatrice, ainsi que les deux têtes d'affiche : Gabrielle Marion-Rivard et Alexandre Landry.

Pour Louise Archambault, son second long métrage est d'abord et avant tout un film sur l'amour. «Gabrielle est une œuvre sur le besoin essentiel de chaque être humain de vouloir aimer et d'être aimé, explique-t-elle. Il y a aussi un aspect important sur l'ouverture à la différence. Si on est tous différents chacun à notre manière, on est également tous pareils».

Le personnage de Gabrielle souffre donc du syndrome de Williams comme son interprète et quinze autres acteurs du film. Pour la réalisatrice, cela n'a jamais été difficile à gérer, même durant le tournage. «Au contraire, l'expérience a été plutôt enrichissante, particulière et unique».

La réalisatrice concède qu'il a fallu répondre à certains défis. «Chaque jour, on devait chercher des solutions que j'ai réussi à trouver en lâchant prise sur la perfection et sur ma façon de travailler».

«Tout le monde était traité de la même manière, aussi bien les acteurs professionnels que les non-professionnels. Je crois que c'est ce respect mêlé à de l'amour qui a permis une véritable ouverture sur une certaine vérité. Et puis, le nombre de câlins qu'on s'est donné pendant le tournage, c'était indécent», ajoute-t-elle en riant.

Quant à l'interprétation de Gabrielle Marion-Rivard, elle a surpassé toutes les attentes. «Elle est un soleil. Elle est d'une telle candeur que cela en devient désarmant. Je lui en ai beaucoup demandé et elle a toujours su répondre avec entrain et professionnalisme. Elle a travaillé très fort pour ce rôle», se souvient-elle.

Une expérience inoubliable

Heureuse et pleine de vie, la jeune actrice s'est dite fière et privilégiée d'avoir pu faire partie d'une telle aventure. «Vous ne pouvez pas savoir comme je suis contente. Dès notre rencontre, Louise m'a fait confiance. Elle a toujours été à mon écoute. Ce film est ma première expérience en cinéma, je ne l'oublierais jamais», déclare-t-elle avec un grand sourire.

D'ailleurs, l'actrice se souvient de certains moments pas toujours évidents à gérer. «Bon, j'avoue que les scènes d'amour ont été difficiles pour moi, durant une scène en particulier où je devais porter un string [rires]... Je voulais tellement l'enlever, j'étais plus capable».

Quant à Alexandre Landry qui joue l'amoureux de Gabrielle, se retrouver auprès d'une fille aussi pétillante a été une vraie révélation. «Dans le film, mon personnage vit aussi avec le syndrome de Williams, raconte-t-il. Même si en vrai, je ne suis pas atteint de ce syndrome, il reste que dans ma jeunesse, je me suis retrouvé proche d'une personne qui en souffrait. Je m'en suis servi comme d'une inspiration directe pour interpréter mon rôle. Toutefois, le fait d'avoir côtoyé sur le plateau de tournage Gabrielle et les autres comédiens vivant avec un handicap intellectuel s'est avéré une expérience extraordinaire».

Selon Alexandre, l'authenticité des rapports lui a permis de tisser des liens très forts. «Gabrielle est une personne naturelle. Elle vit au jour le jour et cela m'a aidé. En fait, ça m'a fait du bien de l'avoir à mes côtés. On était tellement dans le moment présent ensemble. Et puis, Louise est allée chercher l'humanité dans les personnages. Gabrielle est un film qui nous permet de ne pas voir les autres sans avoir à les définir à travers un handicap ou des limites, mais comme des êtres humains».

Gabrielle - Les Films Séville - Drame psychologique - 102 minutes - Sortie en salles le 9 octobre 2013 - Canada/Québec.

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