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Entretien avec Richard Plepler, pdg de HBO: piratage, vidéo sur demande et programmation

16/09/2013 08:42 EDT | Actualisé 16/11/2013 05:12 EST
AFP

Quelques questions à Richard Plepler, patron de HBO, qui était à Paris la semaine dernière pour le lancement de sa chaîne câblée sur Orange.

Quelle est la position de HBO face à l'émergence d'un service comme Netflix qui offre des séries en flux continu?

Richard Plepler: Je tiens à préciser que les abonnés américains ont la même flexibilité. Ils bénéficient de 1700 heures de programmes. Une bibliothèque qu'ils peuvent consulter sur l'appareil de leur choix. Nous avons confiance en ce modèle et nous sommes constamment dans l'idée de rendre HBO Go (service de vidéo à la demande, ndlr) encore plus efficace.

La clé pour nous, c'est que le contenu reste excitant et séduisant. Il faut que les spectateurs soient convaincus que la culture populaire se trouve sur HBO. Sur Netflix, les tarifs et les programmes sont différents. Je respecte ce qu'ils font mais notre priorité, c'est d'améliorer notre produit, pas de nous inspirer de la concurrence.

Que pensez-vous du "binge viewing", cette forme de consommation compulsive de contenus?

Comme Netflix, nous offrons cette possibilité mais je préfère l'idée d'un "système de refroidissement". Considérez votre propre appétit. Pendant 10 semaines, les spectateurs vont pouvoir échanger autour des épisodes de Game of Thrones, de Boardwalk Empire ou de Girls. Dans un paysage culturel encombré, il est plus intéressant que des noms s'élèvent au dessus de la mêlée. Je ne crois pas qu'il y ait un avantage à privilégier cette forme de consommation. J'aime l'idée d'être immergé dans un show avec des rendez-vous hebdomadaires.

Considérez-vous que le piratage est une forme de compliment comme Michael Lombardo, chargé des programmes de HBO, expliquait au sujet de Game of Thrones?

Toutes les séries populaires aujourd'hui sont piratées. C'est une des conséquences de la popularité. Le chiffre que nous aimerions changer n'est pas celui du nombre de consommateurs qui téléchargent illégalement Game of Thrones mais plutôt le nombre de personnes qui regardent le show sans le pirater. Nous avons plusieurs moyens selon moi pour lutter contre le piratage. Le premier serait de réduire la fenêtre entre la diffusion en Amérique et dans le reste du monde. C'est ce qu'on propose avec Orange.

L'avenir des séries se situe-t-il dans la vidéo à la demande?

Nous avons un gros pourcentage de spectateurs qui regardent les séries à la demande. Avant, quand on allait chez le dentiste et qu'on ratait une émission, on demandait "vous m'enverrez la cassette". Après on a eu "vous m'enverrez le DVD". Aujourd'hui, c'est plutôt "je regarderai à la demande."

Mais ce qui compte avant tout, plus que le moyen de consommer, c'est l’image de la marque. Cette approche est très importante lors du processus créatif de nos programmes. La plupart des producteurs viennent nous voir pour nous consulter. J.J. Abrams, Ryan Murphy, Damien Lindelof, Martin Scorsese, Mick Jagger, de nombreux talents viennent me dire: "c'est ce que je voulais faire depuis longtemps".

Ce que nous cherchons, c'est à être la meilleure version possible de nous-même. Si nous continuons à bien faire ce que nous faisons, nous aurons plus que notre part de talents à notre porte. Si nous faisons bien notre travail, nous créons l'addiction chez les téléspectateurs.

En 2004, Mad Men aurait été proposé à HBO...

Je n’étais pas en poste quand cette décision a été prise. Je dirais donc ce que j'ai déjà dit avant. Mad Men n'a qu'un défaut, c’est qu’elle n’est pas diffusée par HBO.

Lire aussi: Richard Plepler réagit à la vidéo parodique: "It's not porn, it's HBO"

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