POLITIQUE

Un Hells Angels en fuite: Ottawa durcit le ton

16/09/2013 05:24 EDT | Actualisé 16/11/2013 05:12 EST
Agence QMI

L'évasion du Hells Angels René Charlebois, condamné pour meurtre non prémédité, a eu des échos à Ottawa.

Le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Steven Blaney, a fait savoir lundi qu'il avait réclamé un examen de la classification des détenus violents. M. Blaney a dit qu'il voulait s'assurer que ces prisonniers se retrouvent dans un établissement présentant un degré de sécurité suffisant.

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Même si les antécédents criminels de Charlebois sont très lourds, le motard avait réussi à convaincre les autorités de le placer dans une institution à sécurité minimum. Le système carcéral vise avant tout à favoriser la réinsertion sociale des détenus. Si les détenus ont un comportement exemplaire en prison, leur cote de sécurité diminue. Celle de Charlebois était passée de maximale à moyenne puis à minimale depuis un an, ce qui signifie que les autorités ne croyaient pas qu'il pourrait s'évader.

Charlebois s'est évadé samedi soir du pénitencier de la Montée Saint-François, à Laval, et tous les services policiers et frontaliers ont été alertés. Le premier objectif des policiers est d'éviter qu'il ne quitte le pays.

René Charlebois a été à l'avant-scène de la guerre des motards dans les années 90. C'est lors du dénombrement des détenus que la disparition de Charlebois, 48 ans, a été constatée dans cet établissement carcéral à sécurité minimum composé d'unités résidentielles.

C'était un proche de l'ancien chef des Hells Maurice « Mom » Boucher. Il a plaidé coupable en 2004 à une accusation de meurtre non prémédité pour l'assassinat de Claude DeSerres, un informateur de police. Sa peine : la prison à vie avec un minimum de 15 ans à purger. La juge qui l'avait alors condamné n'est nulle autre que France Charbonneau, présidente de l'actuelle Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction.

Un an plus tôt, il avait plaidé coupable à des accusations de complot pour meurtres, de gangstérisme et de trafic de drogue. Il avait été condamné à 20 ans de prison pour ces crimes.

Charlebois s'est fait mieux connaître du grand public, peu avant l'opération Printemps 2001, lorsque son mariage célébré avec faste avait mis en vedette Ginette Reno et Jean-Pierre Ferland.

Opération Printemps 2001

En mars 2001, quelque 2000 policiers et civils ont participé à un coup de filet sans précédent, agissant simultanément dans 75 municipalités du Québec contre des groupes de motards criminels.

En tout, 122 membres des Hells Angels et de leur club élite, les Nomads, sont arrêtés au cours de cette frappe baptisée opération Printemps 2001. La plupart sont accusés de gangstérisme et de trafic de drogue. Parmi eux, Maurice Boucher et René Charlebois.

Les arrestations permettent d'élucider 13 meurtres et trois tentatives de meurtre. Des biens d'une valeur de plus de 10 millions de dollars sont alors saisis. L'opération a coûté environ 100 millions de dollars.

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